Le président national d'Ensemble, Moïse Katumbi, va-t-il former des alliances pour sa course à la magistrature suprême ? La question vaut son pesant d'or, d'autant que 2023 est une année électorale en République démocratique du Congo (RDC) et la course à la présidentielle s’annonce rude et pleine d’embûches.
La question de la formation d’une coalition politique par Katumbi prend de plus en plus d'importance dans l'opinion congolaise. Cette interrogation revient de plus en plus d’autant plus que l'enrôlement et l'identification des électeurs, qui ont débuté le 24 décembre dernier dans la première zone opérationnelle, ont ramené plusieurs acteurs politiques à la réalité.
Et il est clair que Moïse Katumbi, récemment présenté par son parti politique Ensemble pour la République comme candidat à l'élection présidentielle de décembre 2023, réfléchit déjà à la manière de contrer Félix Tshisekedi dans sa courser pour un second mandat. Selon plusieurs analyses, l'ancien gouverneur de l'ex-Katanga, dans sa soif de briguer la magistrature suprême en RDC, cherche déjà des alliés sur lesquels il pourra compter pour gagner.
Dans ce cadre, des observateurs et analystes, dont Honoré K. de HK TODAY, un média Youtube d'analyse politique, suggèrent que Moïse Katumbi chercherait à former un bloc politique avec plusieurs politiciens, dont ses anciens camarades du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et le développement). En effet, dans une émission diffusée le 5 janvier, Honoré K. affirme que Katumbi préparerait une coalition politique avec Joseph Kabila, son ancien président national au PPRD, Matata Ponyo, qui est poursuivi "pour détournement de fonds publics dans l'affaire Bukanga-Lonzo", et Vital Kamerhe, qui est également son ancien camarade dans le parti aujourd'hui dirigé par Emmanuel Shadary.
A cette coalition, s'ajouteront, selon le présentateur de HK today, le prix Nobel de la paix 2018, le Dr Denis Mukwege, Martin Fayulu qu'il a soutenu en 2018, Franck Diongo et Jean-Marc Kabund. Ces anciens alliés de Félix Tshisekedi seront chargés de diriger l'électorat de Kinshasa vers Katumbi, explique-t-il. "Le président d'Ensemble pour la République entend également mener cette offensive politique en associant les églises catholique et protestante ainsi que les mouvements citoyens dont LUCHA et FILIMBI", ajoute-t-il.
Pour Honoré K, si Moïse Katumbi parvient à mettre en place cette méga plateforme électorale, il pourra renforcer son carnet d'adresses avec ceux de Denis Mukwege, Joseph Kabila, Matata Ponyo, Martin Fayulu, Vital Kamerhe au niveau international en menant un front diplomatique. Il soutient que le principal adversaire de Félix Tshisekedi à l'élection présidentielle du 20 décembre 2023 " mènera également une campagne en Europe et ailleurs afin d'obtenir des sanctions pour certains ministres et autres dignitaires pro-Tshisekedi pour blanchiment d'argent et enrichissement illicite ".
Que dit le camp Katumbi ?
Du côté de Katumbi, sans rejeter totalement l'option de former une coalition forte avec d'autres acteurs politiques, l’on affirme qu'aucun engagement n'a été pris jusqu'à présent avec qui que ce soit pour une probable alliance en vue de remporter les élections présidentielles de 2023. Malgré les informations qui ont récemment circulé sur la toile, le camp du président d'Ensemble indique qu'il sera en mesure de communiquer officiellement sur les coalitions en temps voulu et lorsqu'elles seront formées. Toutefois, on assure que des discussions seront entamées dans les prochains mois et que le parti politique de Moïse Katumbi reste ouvert à tous ceux qui veulent rejoindre celui qui vient de quitter la coalition au pouvoir, pour « changer les choses ».
Daudi Amin