Une sortie médiatique à peine voilée, depuis la déclaration officielle de Moise Katumbi comme candidat présidentiel aux élections de 2023, laisse encore de doutes à une organisation paisible des élections en République démocratique du Congo.
Dans un communiqué exploité par Congorassure.cd, Justicia Absl, une organisation de promotion et de protection des droits de l’homme et du droit humanitaire et de développement basée à Lubumbashi, a exprimé ses vives inquiétudes sur la recrudescence des messages d'incitation à la haine tribale et raciale contre des candidats présidents de la République qui seraient nés d'un parent à la peau blanche.
Justicia Asbl justifie sa crainte après avoir visualisé une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux dans laquelle "le Ministre des hydrocarbures Didier Budimbu, battant prématurément campagne pour le Président Félix Tshisekedi, a qualifié de "chauve-souris", tout candidat né d'un parent à la peau blanche", indique-t-elle dans son communiqué de presse.
Face à ces propos, elle note avec regret qu’en cette période électorale, des messages de haine tribale et raciste soient devenus monnaie courante alors que la justice aurait dû se saisir de leurs auteurs afin d’être poursuivis et punis de manière exemplaire, précise le communiqué
Par ailleurs, Justicia Asbl regrette également que les autorités politiques et administratives encouragent ces attaques en se servant des slogans xénophobes comme" né de père et de mère " qui voudrait dire exclure des compétitions électorales tout congolais d'origine dont l'un des parents serait de nationalité étrangère.
Ces messages et pratiques racistes compromettent très dangereusement l'unité ainsi que la cohésion nationale et sont de nature à déboucher sur des atteintes physiques et des violations graves des droits de cette catégorie des citoyens congolais.
Ainsi, elle invite les instances judiciaires congolaises à faire poursuivre les auteurs de ces messages ségrégationnistes, comme le Ministre Didier Budimbu, adjure également les autorités congolaises à garantir la jouissance pleine des droits garantis aux congolais d'origine, seraient-ils nés de l’un des parents étrangers.
Adrien Ambanengo à Lubumbashi