Les avis restent contraires dans les langages des politiciens Congolais lorsqu’il faut aborder l’épineuse question des élections qui pointent à l’horizon en République Démocratique du Congo.
Dans le camp de l’opposition, essentiellement du côté du FCC, Front Commun pour le Congo regroupement de l’ancien président de la république Joseph Kabila, le qualificatif accordé au processus électoral reste celui qui présage une fraude électorale d’avance avec une CENI de Denis Kadima qu’il considère de “non inclusive, non consensuelle et surtout truffée de non-transparence et de fraude.”
« Nous ne pouvons pas aller aux élections avec une CENI non consensuelle, nous ne pouvons pas aller aux élections avec une cour constitutionnelle manipulée par le régime en place, nous ne pouvons pas aller aux élections sans nos compatriotes de Bunagana, nous ne pouvons pas aller dans des élections qui sont gagnés d’avance, ... », souligne un cadre du FCC au niveau de la province du Nord-Kivu.
Du côté du parti au pouvoir, il est aberrant de juger négativement Dénis Kadima avant de voir les résultats finals de la centrale électorale. Dans une réaction à chaud, Kasereka Yalala, secrétaire au sein de l’UDPS, le train électoral est déjà en marche vers les élections et il ira jusqu’au bout avec ceux qui accepteront de rester à bord jusqu’au terminus post-quem.
Il souligne que son parti a une vraie tendance démocratique. Et donc, ils sont prêts à accueillir sportivement n’importe résultat électoral issu de la volonté du peuple à travers les élections prévu en décembre 2023 prochain.
« Le train est déjà en marche et ne peut s’arrêter sur base des caprices d’une fraction politique. Juger la CENI avant la fin du travail, c’est une perte de temps. Et nous au sein de l'UDPS, nous sommes démocrates, nous affirmons attendre les résultats qui émaneront de la volonté du peuple. C’est elle qui décide des leurs dirigeants », réagit-il.
Néanmoins, cette divergence, voire guerre des mots qui éclate entre les acteurs politiques du pays en prélude des élections de décembre 2023 semble être loin d’intéresser la population. Cette dernière reste accrochée à leurs demandes, le rétablissement de la paix dans la partie Est de la RDC. C'est le cas de l’analyste indépendant Dady Saleh qui lui pense que la question des élections ne doit pas préoccuper à un plus haut degré les autorités alors qu’il y a une guerre à finir.
« Nos politiciens ne doivent pas faire de la question des élections leur priorité absolue alors que nous avons d’autres priorités, finir la guerre dans l’Est du pays. Il est vrai que nous devons aller vers les élections dans le respect de la constitution, mais nous devons tout faire que cette démarche soit faite avec responsabilité sans tourner nos regards vers l’extérieur, à la France, la Belgique, les États-Unis pour penser avoir des élections transparentes. Prenons nos responsabilités en main », explique-t-il.
Rappelons que c’est le 20 décembre de cette année que les Congolais se donnent rendez-vous pour la quatrième fois devant les urnes pour se choisir des nouveaux dirigeants à la tête de l’État, aux législatives nationales et provinciales avec probablement la toute première fois aux niveaux local et municipal.
Diddy MASTAKI, Goma