Dans un climat de résignation et de lassitude généralisée face aux violences récurrentes en Ituri, le député national Furaha Uma Daniel vient de poser un geste politique fort. À travers trois lettres ouvertes, il interpelle des acteurs clés du conflit, étatiques et non étatiques, dans l’espoir de briser l’indifférence.
Dans la première lettre, adressée au Président Félix Tshisekedi, le député rappelle son rôle de garant de l’unité nationale et de la sécurité des Congolais. Il y réclame une révision en profondeur du dispositif militaire en Ituri, une évaluation sérieuse des opérations conjointes FARDC-UPDF, et surtout, une volonté politique visible pour arrêter l’hémorragie.
La deuxième lettre s’adresse au Lieutenant-Général Johnny Luboya N'Kashama, gouverneur militaire de la province. Le ton y est tout aussi tranchant. Furaha Uma Daniel y demande des actes forts, concrets, au-delà des discours, pour restaurer l’autorité de l’État sur les territoires livrés aux groupes armés.
La troisième lettre cible Thomas Lubanga, ancien Chef de guerre et actuel leader du mouvement CRP. Dans un langage direct, l’élu l’appelle à renoncer définitivement à la violence et à s’engager dans un processus de dialogue, de justice et de réconciliation.
Ces prises de position publiques font déjà réagir, à Kinshasa comme dans l’est du pays. Pour certains analystes, l’initiative de Furaha Uma Daniel redonne une voix politique à l’Ituri, longtemps marginalisée dans les grandes décisions sécuritaires nationales. D'autres, plus sceptiques, s’interrogent sur leur portée réelle : ces lettres seront-elles entendues ? Seront-elles suivies d'effets ?
Au-delà de l’acte politique, le député appelle à une mobilisation nationale : forces politiques, confessions religieuses, autorités coutumières et société civile sont invitées à se lever pour éviter l’effondrement total de la province.
Dans une région où plus de mille (1 000) civils ont déjà été tués depuis janvier, le silence n’est plus une option. Par ces lettres, Furaha Uma Daniel tente de réveiller les consciences, au nom de ceux qui n’ont plus de voix.
Joël Heri Budjo