La commune rurale d’Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni (Nord-Kivu), traverse une crise profonde de gouvernance, dénoncée dans un mémorandum citoyen resté sans suite. Au cœur des critiques : la bourgmestre Kavira Mwenge Eugénie, membre de l’UDPS, accusée de mauvaise gestion, détournement de fonds publics et destruction des structures locales.
Protégée par des réseaux politiques nationaux, notamment au sein du ministère de l’Intérieur, la Bourgmestre est accusée de gérer la commune de manière opaque, au mépris des normes administratives et des attentes de la population. Selon le député provincial honoraire Jean-Paul Paluku Ngahangondi, cette protection politique empêche toute action corrective, malgré les nombreuses alertes de la société civile adressées au gouverneur militaire.
Les griefs sont multiples : instabilité administrative, détournements, népotisme, paralysie des services de l’état civil, oppression de l’administration, effondrement des instances participatives (CLPD, CLSP), et corruption à tous les niveaux. La jeunesse locale et les acteurs sociaux dénoncent un climat de division alimenté par des pratiques clientélistes et une absence totale de redevabilité.
Face à ce tableau alarmant, l’honorable Jean-Paul Paluku Ngahangondi recommande la révocation immédiate de la bourgmestre, un audit indépendant de la gestion communale, la réhabilitation des structures légales, et une implication effective des citoyens dans la gouvernance. Il appelle également à la responsabilité du gouverneur militaire, accusé de passivité face à une crise qui mine l’autorité de l’État.
Alors que la situation sécuritaire reste fragile à Oïcha, cette crise administrative aggrave le désarroi d’une population déjà éprouvée, en attente d’un véritable sursaut de leadership.
Gloiredo Ngise