Le 02 août, journée dédiée à la mémoire des millions de Congolais tombés dans l’ombre, souvent dans l’indifférence la plus totale, un cri d’indignation s’élève face à ce qui semble être une trahison du sens même de la commémoration du Genocost, ce génocide oublié dont les plaies restent béantes.
Alors que cette date devrait être marquée par un recueillement sobre, des hommages sincères et une revendication forte de justice, elle est désormais entachée par des pratiques qui frôlent l’inacceptable. Des figures ou institutions associées, de près ou de loin, aux tragédies que nous pleurons, sont parfois invitées, honorées, voire applaudies dans les cadres de ces commémorations. Une démarche perçue par de nombreuses voix citoyennes comme un affront à la mémoire des victimes.
Le Genocost, ce n’est pas une cérémonie de façade à usage diplomatique ou politique. C’est un cri de douleur, un appel à la vérité, une exigence de justice. C’est le souvenir brûlant de millions de vies Congolaises anéanties sous l'œil complice de certains acteurs internationaux, et dans un silence coupable qui perdure.
« On ne commémore pas la mémoire des victimes en honorant les bourreaux », affirme avec force le Front Citoyen, dans une déclaration relayée ce 02 août.
À travers ce message, ce mouvement exprime sa profonde indignation face à la banalisation du sacrifice des victimes, mais surtout face à ce qu’il qualifie de « manipulation historique » et de « compromission politique ».
Inclure ou faire appel à ceux qui ont, d’une manière ou d’une autre, alimenté ces crimes ou contribué à leur occultation, c’est insulter la mémoire des morts. C’est saboter toute quête de réparation. C’est prolonger l’impunité.
Le Front Citoyen appelle les autorités congolaises, les organisateurs du Génocost, ainsi que les partenaires internationaux, à respecter la dignité des victimes en excluant de manière formelle toute reconnaissance symbolique ou publique des bourreaux, qu’ils soient présumés ou avérés. Le devoir de mémoire ne peut s’accomplir qu’en vérité, en justice, et sans compromission.
« Aucune paix durable ne peut être bâtie sur le mensonge, l’amnésie sélective et le blanchiment des crimes », insiste la déclaration.
En somme, pour honorer les victimes du Génocost, il ne suffit pas de poser des gerbes ou de prononcer de beaux discours. Il faut aussi, et surtout, refuser d’absoudre les bourreaux.
Gloiredo Ngise