Dans une déclaration historique, le Mouvement pour la République et la Démocratie (MRD), une formation d’opposition Rwandaise basée aux États-Unis d'Amérique, a exprimé sa pleine solidarité avec le peuple Congolais, reconnaissant officiellement l’existence du Génocost, qu’il qualifie de « destruction massive » du peuple Congolais perpétrée sous couvert de conflits armés, d’occupations militaires et de pillages économiques.
Dans cette déclaration rendue publique depuis Washington, le MRD composé de républicains démocrates issus de tous les groupes ethniques du Rwanda a rappelé que des millions de Congolaises et Congolais ont souffert depuis 1996 de massacres, de viols, d’exécutions extrajudiciaires, de déplacements forcés et de disparitions, souvent perpétrés par des groupes armés soutenus par le régime de Kigali.
« Nous reconnaissons pleinement l’existence du Génocost, c’est-à-dire l’entreprise de destruction massive du peuple congolais motivée par la convoitise de ses ressources naturelles », déclare le MRD dans son communiqué.
Le mouvement va plus loin en condamnant le rôle actif du régime Rwandais dans les guerres et les crimes commis dans l’Est de la RDC, et s’engage, une fois au pouvoir, à coopérer avec la justice internationale pour identifier, poursuivre et juger les responsables de ces atrocités.
Par la voix de sa présidente, la Révérende Christine Coleman, le MRD appelle également à la reconnaissance officielle du Génocost par la communauté internationale et les Nations-Unies, et à une coopération régionale sincère entre le Rwanda et la RDC, fondée sur le respect mutuel, la mémoire partagée et la justice pour toutes les victimes qu’elles soient Congolaises ou Rwandaises.
« Nous affirmons notre volonté de rétablir une relation pacifique entre nos deux pays. Il est temps de sortir du cycle de haine et de manipulation politique », a souligné la révérende.
Dans son huitième et dernier point, le mouvement appelle les peuples du Rwanda et du Congo à résister ensemble aux politiques criminelles menées au nom de la sécurité ou du développement, et à construire une nouvelle ère fondée sur la vérité, la mémoire et la solidarité régionale.
Cette sortie du MRD intervient dans un contexte de montée des tensions dans la région des Grands Lacs, notamment avec les récentes révélations du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme sur les massacres de plus de 300 civils dans le territoire de Rutshuru, attribués au M23 soutenu par l’armée rwandaise.
Diddy MASTAKI