Les Administrateurs de Territoires (ATs) et leurs Assistants (ATAs) ont annoncé, dans une correspondance adressée au Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, le déclenchement d’une grève illimitée sur toute l’étendue du territoire national à partir du lundi 18 août 2025.
Dans leur lettre, les ATs et ATAs disent avoir été contraints à cette décision en raison des conditions « inhumaines et dégradantes » dans lesquelles ils exercent leurs fonctions, dénonçant plus de 30 mois sans salaire régulier, l’accumulation de cinq mois d’arriérés de primes (mars à juillet 2025) ainsi que la non-application de plusieurs avantages sociaux prévus par la loi.
Une violation manifeste de la loi du travail
Les grévistes rappellent que l’article 99 du code du travail impose un paiement régulier des rémunérations à des intervalles n’excédant pas un mois.
« Cette disposition n’est jamais respectée dans notre cas », dénoncent-ils, soulignant qu’ils vivent dans une précarité extrême, affectant leurs familles et compromettant leurs missions sur le terrain.
Ils évoquent également la non-application de la prime d’itinérance inscrite dans la loi des Finances 2025, l’absence de frais de fonctionnement ainsi que de la prime de sécurité, pourtant cruciale pour leur travail dans des zones souvent marquées par l’insécurité.
Trente mois de patience sans issue
Les ATs et ATAs disent avoir multiplié les démarches auprès des autorités : pétition au Président de la République en avril 2024, plaidoyer auprès du Vice-Premier ministre en août 2024, ainsi qu’un mémorandum transmis en marge d’un atelier de formation à Kisangani en juin dernier. Toutes ces initiatives seraient restées sans réponse concrète.
« Après 30 mois de patience, de résilience et de silence institutionnel, cette grève illimitée constitue un ultime recours », affirment-ils, invoquant l’article 39 de la Constitution qui garantit le droit de grève.
Un mouvement qui pourrait paralyser l’administration territoriale
Ce mouvement de grève concerne les 145 territoires du pays. Si le gouvernement ne répond pas rapidement aux revendications, le fonctionnement de l’administration territoriale pourrait être gravement paralysé, affectant directement la gouvernance locale, la gestion sécuritaire et les services de proximité à la population.
Les ATs et ATAs disent espérer que leur démarche sera entendue et que des mesures urgentes seront prises par les autorités pour garantir leurs droits et améliorer leurs conditions de travail.
Diddy KAMBALE MASTAKI