Le 28 août 2025, à l’occasion du lancement officiel de la campagne agricole 2025-2026, le président Félix Tshisekedi a réaffirmé l’urgence de replacer l’agriculture au cœur de la stratégie nationale de développement.
Face à la dépendance persistante du pays aux importations alimentaires, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de valoriser les immenses potentialités agricoles de la RDC.
« Si nous voulons atteindre la sécurité alimentaire, réduire nos importations et tirer parti de nos ressources, nous devons non seulement cultiver, mais aussi parachever l’ensemble de l’écosystème agricole de notre pays », a-t-il déclaré.
Réformer un cadre légal dépassé
Le président a rappelé que la loi de 2011, relative aux principes fondamentaux de l’agriculture, avait constitué une avancée majeure en intégrant la décentralisation et en instaurant des incitations fiscales et douanières. Mais quatorze ans plus tard, le contexte impose une révision en profondeur.
L’objectif, corriger les faiblesses liées à la régulation des semences, renforcer les garanties juridiques pour les investisseurs et adapter la législation aux réalités actuelles. Le gouvernement devra donc retirer le texte en vigueur auprès du Parlement pour y introduire les innovations nécessaires, tout en s’assurant de son application effective.
Financer et moderniser le secteur
Au-delà de la réforme légale, le président a insisté sur l’importance des mesures d’accompagnement, notamment les instruments financiers adaptés, le soutien technique aux producteurs, et la meilleure cohérence entre projets gouvernementaux et initiatives locales.
Il a déploré la dispersion des efforts entre les multiples programmes existants, qu’ils soient pilotés par l’État, le secteur privé ou la société civile et appelé à une mise en cohérence afin de maximiser l’impact sur le terrain.
L’INERA au centre de la stratégie
Dans cette stratégie, l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA) occupe une place centrale. Véritable pilier scientifique, il est chargé du développement de semences améliorées, de la recherche appliquée et de l’accompagnement des paysans dans la modernisation des pratiques agricoles. Mais pour Tshisekedi, l’institut ne pourra jouer pleinement son rôle qu’à condition de bénéficier de moyens financiers, matériels et humains conséquents.
« Nous devons donner à l’INERA les moyens de réussir. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons assurer la revanche du sol sur le sous-sol. Trop longtemps, nous avons misé sur les ressources minières alors que notre terre fertile peut créer l’abondance, générer des millions d’emplois et éradiquer l’insuffisance alimentaire », a martelé le président.
Une feuille de route claire pour le gouvernement
Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa et avec le concours du ministre de l’Agriculture, de finaliser rapidement l’écosystème légal agricole, de renforcer l’INERA et de garantir la réussite de la campagne agricole 2025-2026.
Pour Félix Tshisekedi, le temps est venu de transformer l’agriculture congolaise en véritable levier de souveraineté et de prospérité.
La Rédaction