Les pourparlers entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le M23 soutenu par le Rwanda franchissent un nouveau cap. Devant la presse le 25 septembre dernier, l’Envoyé spécial des États-Unis pour l’Afrique, Massad Boulos a insisté sur l’importance de s’attaquer aux causes profondes du conflit, tout en reconnaissant la complexité des négociations en cours.
« Mais quant à savoir s'il y a des obstacles à ce processus en particulier, vous savez, il s'agit d'un dialogue interne. C'est un conflit. Il faut s'attaquer aux causes profondes, et les deux parties ont accepté de le faire dans la déclaration de principe du 12 juillet. Je crois qu'il y a neuf grands axes de travail, et certains d'entre eux peuvent prendre du temps, notamment les questions de gouvernance, de décentralisation et l’intégration des combattants du M23 ou d'autres groupes armés. Certaines pourraient même relever du domaine constitutionnel », a expliqué le diplomate Américain, Massad Boulos.
Selon lui, un projet de texte est déjà en cours de finalisation, fruit d’un travail intense auquel le Qatar a apporté une contribution déterminante. Ce document devrait servir de base pour formaliser les engagements mutuels et ouvrir la voie à une stabilisation durable.
Intégration et réformes, au cœur des discussions
Les discussions portent notamment sur l’intégration des ex-combattants du M23 et d’autres groupes armés soit au sein de l’armée congolaise, soit dans des structures de gouvernance locale. Ces mesures visent à réduire la fragmentation sécuritaire et à renforcer l’autorité de l’État dans les zones affectées par les violences.
Neutralisation du FDLR : un mécanisme commun mis en place
Concernant les sujets directement liés au Rwanda, l’Envoyé spécial Américain a rappelé que l’une des principales préoccupations de Kigali demeure la neutralisation du FDLR.
« L’accord parle de la neutralisation du FDLR. Nous avons donc créé un mécanisme pour nous assurer que cela se produise. En parallèle, le Rwanda lèvera ses mesures défensives. Nous avons donc mis en place des mécanismes pour cela », a-t-il précisé.
Cette double démarche neutralisation des groupes rebelles et levée progressive des dispositifs sécuritaires Rwandais constitue, selon lui, un pas concret vers la désescalade.
Entre espoir et prudence
Si Washington salue les avancées et appelle à la patience, ce diplomate reconnaît que certains points, notamment liés à la gouvernance et à la décentralisation, nécessiteront du temps et un effort de consensus.
La communauté internationale, à travers ce processus, espère voir émerger une feuille de route claire vers la paix dans l’Est de la RDC, où les populations continuent de payer un lourd tribut aux affrontements armés.
Diddy MASTAKI