Trois ans après la résurgence du conflit armé dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le notable du Nord-Kivu Jean-Paul Waitswalo a lancé un appel à la paix et à l’unité nationale, dénonçant la persistance des violences et le silence de la communauté politique face aux souffrances de la population.
Dans un message solennel largement relayé mercredi sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias locaux, M. Waitswalo déplore « trois longues années de souffrances, d’incertitudes et de larmes » vécues par les habitants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« Le Kivu mérite la paix, le Congo mérite l’unité », a-t-il déclaré, exhortant les autorités à agir « avec courage, vérité et amour de la patrie ».
Selon lui, les populations de l’Est vivent au rythme des bombardements, de la peur et du déplacement, tandis que des villages entiers ont disparu et que de nombreuses familles ont été séparées.
« Le peuple du Kivu veut retrouver sa dignité, sa terre et ses écoles. Il veut entendre les rires des enfants, non les échos des canons », a insisté le notable, dénonçant l’inaction et la lenteur du processus politique.
Malgré les initiatives diplomatiques menées à Nairobi, Luanda, Doha et Washington, les cessez-le-feu n’ont jamais été pleinement respectés.
« Les accords se sont transformés en simples déclarations sans effet, et chaque jour, le peuple du Kivu paye le prix de cette confusion et de ce manque de volonté politique », a regretté M. Waitswalo.
L’homme, connu pour ses prises de position en faveur de la cohésion nationale, appelle les dirigeants à tirer les leçons de l’histoire : « Le Congo ne sera jamais fort s’il reste divisé. L’unité nationale n’est pas un slogan, c’est une urgence. »
Dans un ton empreint d’émotion, il prévient : « L’Histoire vous jugera sur vos actes, non sur vos promesses. Le sang des innocents du Kivu crie justice, et les larmes de nos mères appellent la paix. »
Pour Jean-Paul Waitswalo, l’heure n’est plus aux discours diplomatiques mais à l’action concrète : « Le peuple mérite la vie. Le Congo mérite mieux. »
Daudi Amin