Lors de la Conférence de soutien à la paix et à la prospérité qui s’est tenue à Paris, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Ndungutse Onduhungirehe, a affirmé : « La position du Rwanda est de s’assurer que les décisions soient prises dans le cadre des négociations de Doha. C’est dans ce cadre-là [de négociations entre l’AFC/M23 et le Gouvernement de la RDC] que cette décision doit se faire ». Cette déclaration concerne la réouverture de l’aéroport international de Goma, point sensible dans la région du Nord-Kivu.
Cette prise de position a suscité de vives réactions parmi les Congolais, qui y voient une ingérence dans les affaires internes de la RDC. Pour plusieurs, le gouvernement Rwandais ne devrait pas conditionner une décision nationale à l’accord ou au contexte de négociations internationales.
Jean-Claude Murula, habitant de Goma, estime que « c’est inadmissible ! La RDC est un État souverain. Que le Rwanda se permette de dicter ses conditions sur notre sol est une violation de notre intégrité nationale ».
Érick Kambale, pour sa part ajoute : « Chaque fois que le Rwanda se mêle de nos affaires, cela alimente les tensions et met en péril la sécurité de nos populations. Les Congolais doivent rester vigilants ».
Des analystes politiques soulignent que cette déclaration survient alors que le M23 continue de représenter une menace pour la stabilité de l’Est du pays. Selon le chercheur en relations internationales Olivier Malula, « il est préoccupant de voir un acteur extérieur s’immiscer dans des décisions qui relèvent uniquement de la souveraineté de la RDC. Cela pourrait compromettre les efforts de paix dans la région ».
La réouverture de l’aéroport de Goma reste donc un enjeu diplomatique et sécuritaire majeur. Plusieurs voix appellent le gouvernement Congolais à réaffirmer son autorité et à rappeler le principe de non-ingérence, afin de préserver la souveraineté et la stabilité du pays.
Diddy MASTAKI