Le ton se durcit à Washington contre le président Rwandais Paul Kagame. Dans une déclaration au vitriol publiée sur les réseaux sociaux, Von Batten, figure influente proche des cercles politiques Américains, a appelé sans détour à la fin du régime de Kigali, accusant le chef de l’État Rwandais d’avoir trahi la confiance des États-Unis et du président Donald Trump.
Selon Von Batten, malgré les réserves exprimées par plusieurs responsables à Washington, y compris le gouvernement de la République Démocratique du Congo, l’administration Trump aurait fait le choix de donner une chance à Paul Kagame dans l’espoir de mettre fin à la guerre dans l’Est de la RDC.
« Le président Donald Trump, un homme de paix et un véritable défenseur de la fin des conflits, a cru qu’il fallait donner une chance à Kagame », affirme-t-il.
Mais cette tentative de médiation aurait, selon lui, échoué. Von Batten accuse le président rwandais d’avoir « tourné en dérision » les États-Unis d'Amérique et d’avoir manqué de respect personnellement au président américain, estimant que Kigali a rompu ses engagements.
Dans un langage particulièrement offensif, il qualifie Paul Kagame de « criminel de guerre » incapable de tenir parole, allant jusqu’à affirmer que « le temps du dialogue est terminé » et que « le temps pour Kagame de partir est arrivé ».
La déclaration prend également une tournure personnelle, Von Batten évoquant un épisode controversé au cours duquel Paul Kagame aurait évité de se rendre au Congressional Prayer Breakfast, interprété par ses détracteurs comme un signe de faiblesse politique.
« On ne peut pas apaiser un homme qui se montre dur sur scène mais qui, en réalité, est un lâche », écrit-il.
Au-delà de l’attaque directe contre le président Rwandais, l’auteur lance un appel explicite aux militants pro-démocratie au Rwanda, les invitant à entrer en contact avec ses réseaux aux États-Unis, suggérant une volonté de soutenir ou structurer une opposition politique en exil.
Cette sortie marque un changement notable de ton dans certains cercles américains, alors que Kigali bénéficiait jusqu’ici d’une image relativement favorable auprès de partenaires occidentaux. Elle intervient dans un contexte régional tendu, marqué par la poursuite du conflit dans l’Est de la RDC et les accusations persistantes de soutien rwandais au M23.
Si cette position ne reflète pas encore une ligne officielle de l’administration américaine, elle témoigne d’une fracture croissante entre Kigali et une partie de l’establishment politique à Washington, laissant présager de possibles réajustements diplomatiques dans les mois à venir.
Diddy Mastaki