À Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo a exprimé de vives réserves quant à la crédibilité des accords de Washington, à la suite de la prise de la ville d’Uvira, intervenue à moins d’une semaine de leur ratification.
S’exprimant ce dimanche à la clôture de la 15ᵉ Assemblée plénière de l’Association des Conférences épiscopales de l’Afrique centrale (ACEAC), qui réunit les Églises catholiques de la République démocratique du Congo, du Burundi et du Rwanda, l’archevêque de Kinshasa a dénoncé ce qu’il considère comme les limites structurelles des initiatives diplomatiques en cours.
« Comment comprendre qu’à moins d’une semaine de la ratification des accords de Washington, la ville d’Uvira tombe sous occupation ? », s’est interrogé le prélat, estimant que cet événement met en lumière l’inefficacité des mécanismes de paix qui, selon lui, marginalisent les Congolais eux-mêmes.
Le cardinal Ambongo a également mis en garde contre des démarches régionales et internationales qu’il juge déconnectées des réalités locales. Il a dénoncé des processus qui, selon ses termes, « excluent subtilement les Congolais » et risquent de contribuer à la normalisation du pillage des ressources naturelles du pays, sous couvert d’accords diplomatiques.
Cette prise de position intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la RDC, marqué par la poursuite des violences armées, des déplacements massifs de populations civiles et une défiance croissante envers les cadres de négociation régionaux.
À travers sa déclaration, le cardinal Ambongo a appelé à une approche de paix plus inclusive, plaçant les populations congolaises et leurs institutions au cœur des processus décisionnels, condition qu’il estime indispensable à toute stabilisation durable dans la région des Grands-Lacs.
Diddy MASTAKI