La coalition d’opposition Lamuka a exprimé de sérieuses réserves quant aux motivations et aux revendications portées par Corneille Nangaa dans le contexte du conflit armé qui secoue l’est de la République Démocratique du Congo.
Intervenant sur les antennes de TV5 Monde, Prince Epenge, porte-parole de Lamuka et proche de l’opposant Martin Fayulu, a déclaré que les objectifs poursuivis par M. Nangaa restent flous et contradictoires. Selon lui, ce dernier a successivement accusé le Président Félix Tshisekedi de gouverner de manière autoritaire, avant d’évoquer la mise en place d’un État fédéral comme alternative politique.
Si Prince Epenge affirme partager le constat d’une dérive autoritaire du pouvoir en place, il rejette catégoriquement la voie empruntée par Corneille Nangaa. Il estime que la revendication du fédéralisme correspond davantage, selon ses termes, à l’agenda régional du président rwandais Paul Kagame qu’à une aspiration démocratique interne à la RDC.
« Une dictature peut être combattue par des moyens politiques et démocratiques, sans pour autant aliéner la souveraineté nationale », a-t-il souligné, mettant en garde contre toute alliance qui exposerait le pays à des influences étrangères.
Pour Lamuka, la lutte contre l’autoritarisme ne saurait justifier une guerre armée ni une coopération avec des acteurs extérieurs accusés d’ingérence dans les affaires Congolaises. La coalition réaffirme privilégier une alternative politique fondée sur le respect de la souveraineté nationale, le dialogue et les principes démocratiques.
Cette prise de position intervient alors que les affrontements se poursuivent dans l’est du pays et que le débat sur la nature du pouvoir, la gouvernance et les réformes institutionnelles reste au cœur de la crise politique Congolaise.
Diddy MASTAKI