La République démocratique du Congo (RDC) a franchi lundi une étape majeure dans la modernisation de son économie avec le lancement officiel de la transmission électronique obligatoire des documents commerciaux, mettant fin à une décennie de lourdeurs administratives.
La Première ministre Judith Suminwa a présidé à Kinshasa la cérémonie marquant l’interconnexion technique entre le Guichet Unique Intégral du Commerce Extérieur (système S-One) et le logiciel des douanes (SYDONIA). Cette réforme impose désormais la dématérialisation totale de la "liasse documentaire" pour toutes les étapes du dédouanement des marchandises.
"C'est une révolution historique pour la RDC qui consolide son intégration dans le commerce international", a déclaré Mme Suminwa devant un parterre d'opérateurs économiques et de membres du gouvernement.
"Tout recul par rapport à cette réforme est désormais inacceptable", a-t-elle martelé, soulignant la volonté du pays de tourner la page de "10 ans de blocage".

Concrètement, ce nouveau système permet la transmission instantanée de documents authentifiés et lisibles avant même la souscription de la déclaration en douane.
Pour le gouvernement congolais, l'enjeu est double. L'attractivité économique et la sécurisation des recettes de l'État. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a affirmé que cette réforme allait "réduire drastiquement les délais et les coûts" des opérations d'import-export en éliminant les "tracasseries administratives" et en garantissant l'intégrité des données.
De son côté, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, table sur un accroissement de la mobilisation des recettes grâce à une lutte accrue contre la fraude douanière.
Le ton se veut ferme envers les opérateurs économiques. Le ministre des Finances a rappelé que l'usage de ce système est désormais "obligatoire". Des sanctions administratives et pénales sont d'ores et déjà prévues pour les usagers qui tenteraient de contourner cette procédure numérique.
Cette réforme intervient dans un contexte où la RDC cherche à améliorer son climat des affaires et à rassurer les partenaires internationaux sur la traçabilité des flux de marchandises traversant ses frontières.
Pacheco Kavundama