Des citoyens congolais réunis au sein du Mouvement National Congolais(MNC) ont adressé une lettre ouverte à la Première ministre pour alerter sur la détérioration continue de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Dans cette correspondance, les signataires se disent profondément préoccupés par la persistance des violences armées, caractérisées par des massacres de civils, des enlèvements, des déplacements massifs de populations et la destruction des moyens de subsistance. Ils rappellent que ces actes constituent de graves violations des droits fondamentaux garantis par la Constitution, notamment le droit à la vie et à la sécurité.
Les auteurs de la lettre estiment que la situation actuelle engage directement la responsabilité des autorités nationales chargées de la défense et de la sécurité, ainsi que celle des gouverneurs militaires nommés dans le cadre de l’état de siège. Selon eux, les mesures prises jusqu’ici n’ont pas permis d’endiguer l’insécurité ni de rassurer les populations civiles, laissées à la merci des groupes armés.
Le texte cite notamment la progression des rebelles de l’AFC/M23 dans certaines zones, ainsi que les attaques répétées attribuées aux ADF-NALU et à d’autres groupes armés locaux, particulièrement dans les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu. Ces violences soulignent les signataires, fragilisent la souveraineté nationale et accentuent le sentiment d’abandon des populations de l’Est.
Sur le plan humanitaire, le constat est alarmant. Des milliers de déplacés internes vivent dans des conditions précaires, sans accès suffisant à l’éducation, aux soins de santé et à l’assistance humanitaire. Les femmes et les enfants sont particulièrement touchés, exposés aux violences sexuelles et au recrutement forcé. La jeunesse, selon les signataires, paie le prix fort d’un conflit sans issue visible.
Face à cette situation, les auteurs de la lettre formulent plusieurs recommandations, parmi lesquelles l’annulation de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, le retour des autorités civiles, la réorganisation de la chaîne de commandement militaire, la délocalisation de l’état-major des FARDC vers Beni, ainsi qu’une rotation régulière des unités militaires et policières. Ils demandent également la suppression de certaines taxes dans les provinces affectées, afin de soulager les populations sinistrées.
Daudi Amin