Les élections générales de ce 15 janvier 2026 en Ouganda ont été marquées par de graves perturbations techniques, notamment des pannes répétées des machines de vérification biométrique, des retards importants dans l’ouverture des bureaux de vote et, dans plusieurs localités, un retour au vote manuel.
Fait hautement symbolique, le Président sortant Yoweri Kaguta Museveni a lui-même été confronté à un raté biométrique lors de son vote. Les machines n’ayant pas reconnu ses empreintes digitales, les agents électoraux ont dû recourir à la reconnaissance faciale pour lui permettre de voter.
« J’ai posé mes empreintes digitales droites sur la machine, cela n’a pas marché. J’ai essayé celles de la main gauche, cela n’a pas marché non plus. Finalement, mon visage a été scanné et accepté », a expliqué Museveni, qui a évoqué la possibilité d’une négligence ou d’une manipulation, promettant une enquête interne.
Bobi Wine critique la technologie électorale et dénonce des arrestations
Du côté de l’opposition, le candidat du National Unity Platform (NUP), Robert Kyagulanyi Ssentamu, alias Bobi Wine, a également exprimé de vives préoccupations. Accompagné de son épouse, il a voté le 15 janvier 2026 à Freedom Square, à Magere, dans le district de Wakiso.
Avant de glisser son bulletin dans l’urne, Kyagulanyi a dénoncé devant la presse l’échec des machines biométriques, malgré, selon lui, des investissements publics considérables consentis par le gouvernement pour moderniser le processus électoral.
Il a estimé que ces défaillances jettent un doute sérieux sur la crédibilité du scrutin et renforcent la méfiance de l’électorat à l’égard du système électoral.
L’opposant a également attiré l’attention sur le climat politique tendu, évoquant l’arrestation du vice-président du NUP pour l’Ouganda occidental, un événement qu’il considère comme une pression politique supplémentaire en pleine période électorale.
Un scrutin sous tension
Entre pannes technologiques, retour au vote manuel et accusations de harcèlement politique, ces élections ougandaises de 2026 s’annoncent parmi les plus contestées de ces dernières années. Les observateurs nationaux et internationaux suivent de près l’évolution du processus, alors que les résultats pourraient être âprement disputés dans un contexte déjà marqué par la défiance et la polarisation politique.
Diddy Mastaki