Un (01) an après la chute de Goma, l'analyste politique Azarias Mokonzi a adressé, ce mardi 27 janvier 2026, un message vibrant aux leaders politiques et à la société civile congolaise. Dans son plaidoyer, oscillant entre deuil national et exigence de résistance, il a appelé à la formation d’un bloc républicain face aux ambitions expansionnistes du Rwanda et à la trahison interne, rejetant catégoriquement tout dialogue qui récompenserait les « bourreaux ».
Pour l'analyste, la lutte armée menée par Corneille Nangaa et ses alliés, soutenus ouvertement par le régime de Kigali, dépasse le stade d’une simple rébellion. Elle est perçue comme une entreprise de conquête territoriale visant à morceler la République Démocratique du Congo.
« La lutte armée menée par Corneille Nangaa et ses alliés ne vise pas une prétendue libération de notre pays. Elle est l'instrument d'une vision expansionniste visant l'occupation de nos terres. Alors que le régime de Kigali a longtemps nié son implication, il ne se cache plus : il revendique désormais publiquement des pans de notre territoire, prétextant des découpages coloniaux. Cette déclaration n'est pas fortuite ; elle traduit une volonté de conquête à long terme », a-t-il écrit dans sa déclaration.
Dans ce contexte critique, Azarias Mokonzi dénonce avec fermeté la complicité de certains compatriotes qui, par frustration envers la gouvernance actuelle, choisissent de pactiser avec l'agresseur. Il rappelle avec force que « sans territoire souverain et sans peuple libre, le concept même de pouvoir n'existe plus ». Il ajoute : « En s'alliant à ceux qui massacrent nos frères, ils travaillent de fait au morcellement de la patrie ».
Pour l'analyste, l'unité est l'unique bouclier non négociable. Son message exhorte les acteurs politiques à dépasser leurs clivages. Selon lui, si la critique de la mauvaise gouvernance est légitime dans un cadre démocratique, elle ne peut en aucun cas justifier une alliance avec ceux qui endeuillent la nation.
« Face à la multiplication des adhésions à ce mouvement armé, je vous appelle à former un bloc républicain. Si la critique de la gestion publique est un droit et un devoir, l'unité de la nation doit rester un crédo sacré. C’est dans cette cohésion que nous puiserons la force de gagner cette guerre d'usure à laquelle le Rwanda se prépare », affirme-t-il.
Le message interpelle directement le pouvoir en place et l'opposition sur les risques d'un dialogue incluant l'AFC-M23. Pour A. Mokonzi, il ne peut y avoir de paix sans justice. Il souligne que le dialogue ne doit pas servir de prétexte pour gratifier la prise d'armes par des portefeuilles ministériels.
« J'interpelle ici les tenants du pouvoir et les opposants qui exigent un dialogue incluant l'AFC-M23 : sur quoi porteront vos échanges ? Pouvons-nous accepter que plus de 10 000 victimes soient sacrifiées sans justice ni réparation ? Pouvons-nous tolérer que les bourreaux d'hier soient récompensés par des postes ministériels ou des promotions au sein d'une armée qu'ils ont combattue ? », s'interroge-t-il.
Azarias Mokonzi conclut son réquisitoire en appelant à la vigilance du sommet de l'État : « Récompenser la prise d'armes, c'est envoyer un message désastreux : celui que la violence est le seul chemin vers la reconnaissance républicaine. J’en appelle à la sagesse du Chef de l'État. Le dialogue est un outil de paix, mais retenons ceci : il n'y a pas de paix durable sans réconciliation, et il n'y a pas de réconciliation sans justice ».
Merveille Kiro