Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a mis en avant mercredi à Kinshasa les opportunités offertes par le secteur agricole en République démocratique du Congo, à l’occasion de la deuxième journée d’un atelier de haut niveau consacré au renforcement des capacités productives.
Organisé par le gouvernement congolais en collaboration avec la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, ce workshop s’inscrit dans une dynamique d’industrialisation, de diversification économique et de promotion des exportations des produits « made in DRC ». Les travaux de cette deuxième journée ont porté notamment sur l’environnement, les investissements, l’intégration régionale, ainsi que le rôle des institutions dans le développement du secteur privé et la formation du capital humain.
Intervenant lors d’un panel consacré aux « opportunités et défis pour la modernisation agricole et la valeur ajoutée sectorielle », le ministre Muhindo Nzangi a rappelé que l’agriculture constitue le deuxième secteur économique du pays après les mines, représentant environ 44 % des emplois.
« Les défis auxquels fait face le secteur agricole doivent être considérés comme des opportunités », a-t-il déclaré, soulignant la volonté du gouvernement de promouvoir l’autosuffisance alimentaire, la création d’emplois ruraux et une agriculture durable et compétitive.
Parmi les principaux enjeux évoqués figure la question des semences. Selon le ministre, la RDC a besoin de semences certifiées afin d’améliorer la qualité et la productivité agricoles. Dans cette optique, les autorités ont entrepris la relance de Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques ainsi que des Centres d’amélioration, d’adaptation et de production des semences (CAAPSA), destinés à renforcer la sécurité alimentaire, soutenir la production et améliorer la distribution d’intrants agricoles.
Le ministre a également insisté sur la nécessité d’accélérer la mécanisation du secteur. La RDC aurait besoin d’environ 5 000 tracteurs par an, a-t-il indiqué, évoquant des retombées attendues en matière d’emplois, notamment à travers l’assemblage d’équipements, la mise en place de centres de maintenance et la formation technique.
Toutefois, des défis majeurs persistent, en particulier dans les domaines de la logistique et de la commercialisation.
« L’évacuation des produits agricoles reste problématique », a reconnu Muhindo Nzangi, appelant à la mise en place de corridors agricoles, au développement de chaînes du froid, de marchés de gros et à la digitalisation du secteur.
Le gouvernement congolais, dans le cadre de la vision du président de la République, s’est engagé à améliorer le climat des affaires, à poursuivre les réformes économiques et à mettre en œuvre des allègements fiscaux afin de stimuler les investissements.
Cet atelier de haut niveau vise à renforcer les capacités productives du pays dans une perspective d’industrialisation inclusive et de diversification économique, dans un contexte où les autorités congolaises cherchent à réduire la dépendance aux ressources minières et à valoriser le potentiel agricole national.
Pacheco Kavundama