La République Démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo, figure emblématique de la vie politique Congolaise, s’est éteinte ce mercredi 18 mars à Kinshasa, laissant derrière elle un héritage profondément marqué par l’histoire du pays, notamment durant le régime de Mobutu Sese Seko.
Née en 1944 à Tshumbe, dans la province du Sankuru, Catherine Nzuzi wa Mbombo s’était imposée comme l’une des rares femmes à accéder à des fonctions de premier plan dans un environnement politique longtemps dominé par les hommes.
Une ascension politique remarquable
Sa carrière, à la fois dense et stratégique l’a conduit à occuper plusieurs postes clés au sommet de l’État. Elle fut notamment vice-gouverneure puis gouverneure de Kinshasa, cœur politique et administratif du pays.
Elle a également dirigé l’actuelle province du Kongo-Central, à l’époque connue sous le nom de Bas-Zaïre, consolidant son influence dans les sphères territoriales.
Parallèlement, elle s’est illustrée au sein du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), parti-État du régime mobutiste, dont elle fut une membre influente, allant jusqu’à en assurer la présidence à un moment clé de son parcours.
Une actrice du pouvoir sous Mobutu
Membre du gouvernement à plusieurs reprises, Catherine Nzuzi wa Mbombo a participé activement à la gestion des affaires publiques durant une période charnière de l’histoire du Zaïre.
Son passage comme bourgmestre de la commune de la Gombe, centre névralgique de Kinshasa, témoigne également de son ancrage dans la gouvernance locale, où elle a exercé une autorité directe sur l’administration urbaine.
Une figure féminine marquante
Au-delà de ses fonctions, Catherine Nzuzi wa Mbombo reste une pionnière. À une époque où la représentation féminine était marginale, elle a su s’imposer dans les hautes sphères du pouvoir, ouvrant la voie à d’autres femmes en politique.
Son décès intervient alors que la RDC poursuit sa réflexion sur la place des femmes dans la gouvernance et les institutions publiques.
Un héritage contrasté mais incontournable
Si son parcours reste indissociable du régime de Mobutu, souvent critiqué pour sa gouvernance autoritaire, il n’en demeure pas moins que Catherine Nzuzi wa Mbombo aura marqué durablement l’histoire politique Congolaise.
Sa disparition ravive le souvenir d’une époque et d’une génération d’acteurs politiques qui ont façonné, à leur manière, les fondations de l’État Congolais contemporain.
Diddy Mastaki