Le ministre congolais Julien Paluku a lancé lundi une violente charge contre l’ancien président Joseph Kabila, qu’il accuse de contribuer à la déstabilisation de la République démocratique du Congo, dans une tribune publiée au ton offensif et appelant à l’unité nationale derrière le président Félix Tshisekedi.
Intitulé « Joseph Kabila ou le masque de la trahison qui tombe : la soudanisation », le texte articule l’argumentaire autour de trois axes dont la rupture avec l’ancien système, la défense de la souveraineté nationale et la vigilance face aux menaces internes et externes.
Julien Paluku évoque la « fin du système ancien » et estime que les récentes interventions publiques de Joseph Kabila traduisent des intentions visant à raviver les tensions, en particulier dans l’Est du pays, région du Kivu. Il fait référence à une interview de l’ancien président publiée le même jour, qu’il relie symboliquement au 23 mars 2009, date associée à la création du mouvement rebelle M23.
Le ministre accuse Kabila d’être impliqué dans une stratégie d’« infiltration » et de « déstabilisation interne », avec des allusions à des connexions avec Kigali. Il dénonce le concept de « soudanisation » évoqué par l’ancien président comme une tentative de fragmentation du pays, par analogie avec l’histoire récente du Soudan.
Face à ces risques, Julien Paluku appelle les populations, en particulier celles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, à rester « vigilantes et soudées » derrière Félix Tshisekedi. Il insiste sur la défense de l’intégrité territoriale pour prévenir toute tentative de division.
La tribune accorde une attention particulière au Kivu, décrit comme une région meurtrie qui ne doit pas servir de « laboratoire d’expérimentation » politique ou sécuritaire.
Par Diddy Mastaki et Daudi Amin