Le gouvernement de Ouganda officialise une orientation stratégique en matière migratoire, en acceptant d’accueillir sur son territoire des ressortissants africains transférés depuis les États-Unis d'Amérique dans le cadre d’un accord bilatéral conclu en juillet 2025.
Dans un communiqué publié le 03 avril 2026 à Kampala, le ministère ougandais des Affaires étrangères précise que cet accord porte sur l’examen des demandes de protection de personnes n’étant ni citoyennes Américaines ni ougandaises, mais d’origine africaine.
Une externalisation des demandes d’asile
Au cœur de cet arrangement figure le principe du « pays tiers sûr », un mécanisme de plus en plus utilisé dans la gestion des flux migratoires. Concrètement, des individus déboutés ou en attente d’asile aux États-Unis d'Amérique peuvent être redirigés vers un autre pays jugé apte à examiner leur situation.
Les autorités Ougandaises insistent sur le respect des normes internationales, notamment le principe de non-refoulement, qui interdit le renvoi d’une personne vers un pays où elle risquerait des traitements inhumains ou dégradants.
Déjà des transferts effectifs
Selon le communiqué, un premier groupe de huit personnes est arrivé en Ouganda le 1er avril 2026, après validation de leurs dossiers par un juge américain. Leurs demandes de protection seront désormais traitées par les autorités Ougandaises.
Aucune information n’a été divulguée sur leur identité, invoquant des raisons de confidentialité.
Entre solidarité et enjeux politiques
Kampala présente cette décision comme une continuité de sa politique d’accueil et de protection des personnes vulnérables. Le pays est déjà reconnu pour sa politique relativement ouverte envers les réfugiés en Afrique.
Cependant, cet accord soulève aussi des interrogations. Il s’inscrit dans une tendance globale d’externalisation des politiques migratoires par les pays occidentaux, transférant une partie de la gestion des demandeurs d’asile vers des États partenaires.
Un précédent aux implications régionales
L’implication de l’Ouganda dans ce type de mécanisme pourrait ouvrir la voie à d’autres accords similaires sur le continent Africain.
Reste à savoir si cette coopération sera perçue comme un modèle de solidarité internationale ou comme un transfert de responsabilité dans un contexte migratoire de plus en plus politisé.
Diddy Mastaki