Dans un contexte sécuritaire préoccupant en province de l’Ituri, les autorités militaires et les responsables de l’Église catholique ont tenu, ce jeudi 09 avril à Bunia, une rencontre stratégique axée à la fois sur la situation sécuritaire et l’organisation d’un important événement religieux prévu dans les prochains jours.
La délégation ecclésiastique, conduite par l’archevêque métropolitain de Kisangani, Marcel Utembi, comprenait également l’évêque de Bunia, Dieudonné Uringi, ainsi que celui du diocèse de Mahagi-Nioka, Sosthène Ayikuli Udjuwa. En face, les commandants des opérations et les autorités militaires provinciales ont pris part aux échanges.
Au cœur des discussions figurait la préparation de la cérémonie de prise de possession canonique de Monseigneur Emmanuel Nguna, prévue le 26 avril prochain à Mambasa. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de mettre en place des dispositifs appropriés afin de garantir le bon déroulement de cet événement majeur pour la communauté catholique, dans un climat de paix et de sécurité.
Cependant, la situation sécuritaire dans certaines zones de l’Ituri, notamment sous la menace persistante des Allied Democratic Forces (ADF-MTM), a largement dominé les échanges. Face à cette réalité, les évêques ont lancé un message pressant à l’endroit des combattants, les exhortant à renoncer à la violence.
« La vie humaine est sacrée et doit être préservée, la leur comme la nôtre », ont-ils martelé, soulignant que parmi ces éléments armés figurent également des citoyens Congolais.
Dans un autre registre, les prélats catholiques ont salué les avancées enregistrées dans le développement de la ville de Bunia. Ils ont notamment relevé l’expansion démographique, la modernisation progressive des infrastructures, l’amélioration du réseau routier ainsi que les progrès réalisés dans les domaines académique et aéroportuaire. L’essor de l’Université de Bunia a également été cité comme un indicateur du dynamisme local.
Les évêques ont par ailleurs mis en exergue la croissance de l’Église catholique dans la région, illustrée par l’augmentation du nombre de paroisses ces dernières années, traduisant une vitalité spirituelle notable.
Au-delà des considérations sécuritaires et religieuses, cette rencontre a permis de réaffirmer le rôle central de l’Église dans la société iturienne. En tant que guide spirituel, acteur de développement, médiateur social et porte-voix des populations, l’institution catholique demeure un partenaire clé dans la recherche de la paix et de la cohésion sociale.
Les autorités militaires ont, de leur côté, réitéré leur engagement à maintenir une collaboration étroite avec les confessions religieuses, considérées comme des piliers essentiels dans la stabilisation durable de la province de l’Ituri.
Joël Heri Budjo