La compétition pour la direction de l’Organisation Internationale de la Francophonie prend des allures de bras de fer géopolitique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, deux (02) États déjà opposés sur le terrain sécuritaire dans l’Est Congolais.
Une campagne diplomatique à haute intensité
À N'Djamena, le ministre Rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe a récemment remis une lettre au président Mahamat Idriss Déby, sollicitant son soutien à la reconduction de Louise Mushikiwabo.
Face à cette offensive, Kinshasa déploie sa propre stratégie. La diplomatie Congolaise, pilotée notamment par Crispin Mbadu, milite activement pour la candidature de Juliana Lumumba, multipliant les démarches auprès des capitales francophones.
Une élection transformée en terrain d’affrontement
Ce qui devait être une élection interne à une organisation culturelle et linguistique s’est progressivement mué en prolongement diplomatique d’un conflit régional. Les deux pays sillonnent les chancelleries pour rallier des soutiens, dans une logique d’influence et de positionnement stratégique.
L’enjeu dépasse ainsi la simple gouvernance de l’Organisation Internationale de la Francophonie : il touche à la capacité de chaque État à imposer son récit et son poids politique sur la scène internationale.
La Francophonie au cœur des rivalités Africaines
Cette confrontation met en lumière une réalité plus large : les organisations multilatérales deviennent des espaces de projection des rivalités étatiques. Dans ce contexte, la Francophonie, souvent perçue comme un espace de coopération culturelle, se retrouve au centre d’enjeux politiques et stratégiques.
Un test d’influence pour Kinshasa et Kigali
Pour la République Démocratique du Congo comme pour le Rwanda, cette bataille constitue un test d’influence diplomatique. Elle permettra de mesurer leur capacité respective à mobiliser des alliances et à peser dans les instances internationales.
Dans un contexte de tensions persistantes dans la région des Grands-Lacs, l’issue de cette élection pourrait ainsi avoir une portée symbolique bien au-delà de l’Organisation Internationale de la Francophonie elle-même.
Diddy Mastaki