Le président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a appelé, mercredi 15 juillet 2026, à la mise en place d'un mécanisme de suivi permanent du processus du deuxième Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH-2). Il s'exprimait lors d'une séance académique organisée au Palais du Peuple à l'initiative du Vice-Premier ministre, ministre du Plan et de la Coordination de l'aide au développement, Guylain Nyembo Mbwizya.
Entouré de plusieurs membres du Bureau de l'Assemblée nationale, notamment le premier Vice-Président Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, le rapporteur Jacques Djoli Eseng'Ekeli, la questeure Chimène Polipoli et la questeure adjointe Grâce Neema, le président de la chambre basse a insisté sur la nécessité pour le gouvernement d'informer régulièrement la Représentation nationale de l'évolution du processus.
Selon Aimé Boji Sangara, le Parlement doit être tenu informé à chaque étape afin d'exercer pleinement sa mission constitutionnelle de contrôle, de suivi et d'accompagnement de l'action gouvernementale. Il a également exhorté les députés nationaux à jouer un rôle actif dans la sensibilisation des populations au sein de leurs circonscriptions respectives.
Cette séance d'information visait à permettre aux élus nationaux de mieux comprendre les enjeux du RGPH-2, lancé quarante-deux ans après le dernier recensement réalisé en 1984. Cette opération doit doter la République Démocratique du Congo de données démographiques et statistiques fiables, indispensables à la planification des politiques publiques et du développement national. Elle s'inscrit dans la campagne de sensibilisation engagée par le gouvernement autour de ce recensement.
Prenant la parole devant les députés, le Vice-Premier ministre du Plan a rappelé que le recensement est avant tout une opération scientifique et statistique consistant à dénombrer de manière exhaustive l'ensemble de la population vivant sur le territoire national à une date donnée. Il permettra également de collecter des informations relatives notamment à l'âge, au sexe, au niveau d'instruction, à l'activité économique, à la composition des ménages et aux conditions de logement.
Ces données serviront à déterminer avec précision le nombre d'habitants, leur répartition géographique ainsi que leurs besoins réels. Elles doivent également orienter les politiques publiques, améliorer la répartition des ressources, guider les investissements et soutenir la recherche scientifique.
Guylain Nyembo a, par ailleurs, insisté sur le fait que cette opération ne devait pas être perçue sous un angle politique, mais comme un outil scientifique essentiel à la gouvernance et à la planification du développement.
Au cours des échanges, plusieurs députés nationaux ont formulé des recommandations, notamment sur la nécessité d'associer des experts qualifiés ainsi que les institutions nationales spécialisées dans la statistique afin de garantir la crédibilité, la transparence et la fiabilité de l'opération.
S'agissant des provinces de l'Est confrontées à l'insécurité, le ministre du Plan a rassuré que le recours aux nouvelles technologies devrait faciliter la réalisation du recensement dans les zones où les conditions d'accès demeurent difficiles.
En conclusion, Aimé Boji Sangara a rappelé que l'Assemblée nationale avait déjà recommandé, en mars dernier, de faire du RGPH-2 un pilier de l'action gouvernementale. Il a également évoqué la table ronde organisée le même mois en présence du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et de plusieurs partenaires techniques et financiers, afin de mobiliser les ressources nécessaires au financement de cette opération.
Pour le président de l'Assemblée nationale, l'absence de données démographiques actualisées depuis le recensement de 1984 constitue un frein majeur à une planification efficace du développement. La réussite du RGPH-2 apparaît ainsi comme un enjeu stratégique pour mieux connaître la population, orienter les politiques publiques et répondre plus efficacement aux besoins des citoyens.
Gloire Malumba