Le vieillissement des effectifs de l’Administration publique préoccupe les autorités Congolaises. Lors de la 97e réunion du Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a demandé au gouvernement de mettre en place un mécanisme permanent permettant d’accélérer la mise à la retraite des agents et fonctionnaires de l’État ayant atteint l’âge statutaire.
Le chef de l’État a été saisi de plusieurs rapports faisant état d’un « vieillissement préoccupant » des effectifs de l’Administration publique, aussi bien dans le régime général que dans les différents régimes spécifiques.
Selon les données présentées au Conseil des ministres, plus de 300 000 agents et fonctionnaires de l’État auraient atteint ou dépassé l’âge statutaire de départ à la retraite. Parmi eux figureraient des agents septuagénaires, octogénaires, voire nonagénaires, encore en activité.
Pour Félix Tshisekedi, cette situation pèse sur le fonctionnement de l’Administration. Elle affecterait la performance des services publics, ralentirait le renouvellement générationnel, réduirait les perspectives d’évolution des jeunes agents et exercerait une pression importante sur la masse salariale de l’État.
Le président de la République estime ainsi que la construction d’une Administration « moderne, performante et au service du citoyen » passe par une accélération du rajeunissement de la Fonction publique. Une démarche qui, insiste-t-il, doit être conduite « dans le respect de la dignité de ceux qui ont servi la Nation ».
Des mises à la retraite ont déjà été engagées par le gouvernement en 2022 et en 2025. Mais ces opérations restent, selon la présidence, insuffisantes au regard de l’ampleur du phénomène.
Un plan permanent de départs
Pour donner une nouvelle impulsion au processus, Félix Tshisekedi a chargé plusieurs membres du gouvernement, sous la supervision de la Première ministre, de présenter l’état d’avancement des mises à la retraite programmées pour 2026, secteur par secteur, ainsi que les projections pour 2027.
Le chef de l’État demande également l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan trimestriel permanent de mise à la retraite couvrant à la fois le régime général et les régimes particuliers.
Ce dispositif devra garantir aux agents concernés un départ digne, notamment par le paiement effectif des indemnités de fin de carrière et des pensions dues par la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État.
Le gouvernement devra par ailleurs mettre en place des mécanismes de financement « innovants et pérennes ». Parmi les pistes évoquées figurent la mobilisation des partenaires bancaires ainsi que la valorisation des réserves et placements de la sécurité sociale des agents publics.
L’objectif est de réduire la dépendance du processus aux contraintes de trésorerie de l’État et de rendre les départs à la retraite plus réguliers.
Le président de la République attend enfin des membres du gouvernement concernés qu’ils s’approprient pleinement cette réforme, présentée comme un enjeu à la fois de justice envers les agents ayant servi l’État, de rajeunissement de l’Administration et d’amélioration de la qualité des services publics.
Gloire Malumba