Le gouvernement Congolais salue la décision des États-Unis de sanctionner le ministère Rwandais de la Défense et l’institution financière « Zigama Credit and Savings Society », accusés de soutenir les opérations militaires Rwandaises et les activités de l’AFC/M23 dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Dans un communiqué publié le 28 octobre 2026 à Kinshasa, les autorités Congolaises appellent également les partenaires internationaux à réexaminer leurs relations avec Kigali.
Le ministère Congolais des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora Congolaise a exprimé la satisfaction du gouvernement à la suite des sanctions annoncées par le département du Trésor Américain.
Dans son communiqué, Kinshasa remercie les États-Unis et leur président, Donald Trump, pour leur engagement en faveur de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Pour le gouvernement Congolais, ces mesures constituent une réponse aux responsabilités attribuées aux autorités Rwandaises dans la poursuite du conflit armé dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le ministère de la Défense et Zigama accusés de soutenir le M23
Selon les éléments avancés par le Trésor Américain et repris par Kinshasa, le ministère Rwandais de la Défense aurait dirigé le déploiement de plusieurs milliers de soldats au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Ces militaires auraient mené des opérations aux côtés du M23 et fourni un soutien logistique et des équipements militaires au mouvement armé.
L’institution financière « Zigama Credit and Savings Society » est, pour sa part, accusée d’avoir facilité l’acheminement vers Kigali d’or extrait de territoires contrôlés par le M23, ainsi que des transactions de plusieurs dizaines de millions de dollars au bénéfice de l’AFC/M23.
Pour Kinshasa, ces accusations confortent sa position selon laquelle le mouvement rebelle bénéficie d’un soutien militaire et financier provenant du Rwanda. Le gouvernement affirme que ces constats rejoignent ceux du Groupe d’experts des Nations-Unies sur la RDC.
Kinshasa appelle les partenaires internationaux à revoir leurs relations avec Kigali
Dans son communiqué, le gouvernement Congolais estime que les nouvelles sanctions rappellent que le Rwanda ne peut agir sans conséquences sur la scène internationale.
Kinshasa dénonce ce qu’il considère comme une indulgence persistante de certains acteurs internationaux envers Kigali, malgré les accusations liées au conflit dans l’Est de la RDC.
Dans cette perspective, le gouvernement appelle les États, les organisations internationales et les partenaires commerciaux à réexaminer leurs relations avec le Rwanda.
L’appel Congolais concerne également les sponsors sportifs et les investisseurs, auxquels Kinshasa demande de veiller à ce que leurs engagements économiques soient compatibles avec leurs obligations en matière de paix et de stabilité.
La RDC met en avant ses efforts concernant les FDLR
Dans le même communiqué, le gouvernement Congolais réaffirme poursuivre la mise en œuvre de ses engagements, notamment en matière de neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Selon Kinshasa, depuis janvier 2025, plus de 800 personnes, comprenant des combattants des FDLR et leurs dépendants, se sont rendues à la MONUSCO, à la suite notamment des campagnes de sensibilisation et des efforts de démobilisation menés par les autorités Congolaises.
Le gouvernement estime que ces démarches doivent être accompagnées du retrait des forces Rwandaises du territoire Congolais afin de permettre la mise en œuvre des mécanismes convenus pour mettre fin au conflit.
Kinshasa exige le retrait des troupes rwandaises
Les autorités Congolaises rappellent que le retrait des forces Rwandaises constitue, selon elles, une obligation découlant de l’Accord de Washington et de la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité des Nations-Unies.
Kinshasa soutient que le maintien des troupes Rwandaises aux côtés de l’AFC/M23 dans les zones concernées par les opérations de neutralisation des FDLR entrave l’application des mécanismes convenus.
En conséquence, le gouvernement Congolais exige le retrait effectif et sans conditions préalables de toutes les troupes Rwandaises présentes sur son territoire.
Cette exigence intervient dans un contexte où les initiatives diplomatiques visant à rétablir la paix dans l’est de la RDC restent confrontées à des défis sécuritaires et politiques majeurs.
Tshisekedi réaffirme la détermination de Kinshasa
En conclusion, le gouvernement Congolais réaffirme sa volonté de mettre fin à ce qu’il qualifie d’agression, de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et de contribuer à la stabilité régionale.
Cette position s’inscrit dans la ligne défendue par le président Félix-Antoine Tshisekedi, alors que Kinshasa cherche à obtenir un engagement international accru pour mettre fin au conflit.
Si les sanctions américaines constituent un nouvel instrument de pression sur Kigali, leur impact dépendra notamment de leur application effective et de leur capacité à contribuer à une désescalade durable dans l’Est de la RDC.
Diddy Mastaki