La Protection civile de la province de l’Ituri alerte sur une situation sanitaire et sociale préoccupante liée à la prolifération des maisons de tolérance dans la chefferie de Walese Vonkutu, particulièrement dans les localités de Banasula et Otomaber. Cette alerte a été rendue publique par le coordonnateur provincial de la Protection civile, Robert Ndjalonga.
Selon cette ce service éthique, plusieurs filles mineures sont signalées dans ces structures, dont le nombre est estimé à environ une cinquantaine à travers cette entité coutumière. La situation constitue un risque majeur pour la santé publique, avec des cas récurrents de maladies et d’infections sexuellement transmissibles rapportés, ainsi que des suspicions de VIH/SIDA. Des grossesses précoces chez certaines filles mineures sont également évoquées, sans mécanismes appropriés de prise en charge médicale ou sociale.
La Protection civile identifie plusieurs facteurs à l’origine de cette situation, notamment l’insécurité persistante dans la zone, la pauvreté, ainsi que l’absence de dispositifs efficaces de protection de l’enfance et d’accompagnement social. À cela s’ajoutent le manque de services de dépistage, l’insuffisance de sensibilisation sanitaire et l’accès limité aux moyens de prévention, qui aggravent la vulnérabilité des personnes concernées.
Cette situation n’expose pas uniquement les filles mineures, mais également les adultes et les garçons mineurs fréquentant ces maisons de tolérance, augmentant ainsi le risque de propagation du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles au sein de la communauté. La Protection civile met également en garde contre un possible déplacement volontaire ou forcé des personnes concernées, susceptible d’étendre ce risque vers d’autres entités de la province de l’Ituri, voire vers la province voisine du Nord-Kivu.
Face à ce constat, la Protection civile de l’Ituri appelle à une implication urgente et coordonnée des autorités provinciales, des services spécialisés dans la protection de l’enfance, des structures sanitaires et des partenaires humanitaires. L’objectif est d’assurer la prise en charge médicale, la protection et la réinsertion sociale des filles mineures concernées, tout en renforçant les actions de prévention, de sensibilisation communautaire et de dépistage volontaire.
Joël Heri Budjo