Le pouvoir d'achat s'effondre à Beni, Butembo et Lubero, dans l’Est de la RDC. Pour y faire face, la société civile du Nord-Kivu demande au Gouvernement central la suspension temporaire de certains impôts et taxes.
Dans une lettre ouverte adressée à la Première Ministre 02 octobre 2026, la Coordination Provinciale des Forces Vives plaide pour l'exonération de certains impôts, taxes et redevances sur les biens et services dans les zones encore sous contrôle de Kinshasa.
Flambée des prix des produits sur le marché
Déjà en avril 2026, la même structure avait saisi le Gouvernement, sans suite. Sur le terrain, dénonce-t-elle, les prix des biens de première nécessité ne cessent de grimper, suite à la majoration des taxes à la douane de Kasindi, principale porte d'entrée des marchandises pour le Grand Nord.
À cette pression fiscale s'ajoute une crise humanitaire majeure. Les forces vives précisent que depuis l'avancée de l'AFC/M23 et la recrudescence des ADF, les agglomérations de Beni, Butembo et Lubero-Centre accueillent des milliers de déplacés de guerre, sans assistance humanitaire suffisante.
Le carburant, symbole du calvaire
Pour illustrer son plaidoyer, la société civile prend l'exemple du carburant. Un mètre cube est taxé à 100 dollars par le Fonds National d'Entretien Routier (FONER), contre 25 dollars normalement prévus.
« Conséquence, le litre d'essence se vend jusqu'à 4 500 Francs congolais à Beni et Butembo, contre 2 640 FC à Kinshasa », déplore cette structure citoyenneté.
Une situation aggravée par les restrictions de circulation liées à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans la région.
La société civile rappelle que même la requête introduite le 10 juillet 2026 par la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) Nord-Kivu, pourtant transmise à la Primature par le Directeur de Cabinet du Chef de l'État le 13 août, est restée lettre morte.
Au nom du patriotisme et face à l'extrême précarité, la coordination demande à la Première Ministre une mesure d'urgence de suspendre temporairement certaines taxes pour les opérateurs économiques du Grand Nord, afin de permettre à la population de "pousser un ouf de soulagement".
Martin Leku