La zone de santé de Beni est devenue le principal foyer de l’épidémie de maladie à virus Ebola au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), avec 711 cas confirmés et 532 décès au 30 octobre, dépassant d’un cas celle de Katwa, selon les données sanitaires communiquées vendredi.
La province totalise désormais 2.576 cas confirmés pour 1.531 décès, soit un taux de létalité de 59 %. Sur les 25 nouveaux cas enregistrés jeudi, Beni arrive en tête avec 13 infections, dont sept décès communautaires. Katwa en a recensé trois, Oicha et Lubero deux chacune, tandis que Biena, Butembo, Alimbongo, Mabalako et Musienene ont enregistré un cas chacune.
Avec 110 patients actuellement hospitalisés et 65 personnes guéries, Beni demeure particulièrement préoccupante pour les autorités sanitaires. La ville de Butembo reste également affectée, avec 367 cas confirmés et 121 cas actifs.
Les autorités sanitaires attribuent cette concentration des infections à plusieurs facteurs, notamment la densité de la population, la mobilité des habitants, la persistance des décès communautaires et les sorties de patients des structures médicales sans avis du personnel soignant. Au total, 52 sorties non autorisées ont été recensées dans la province, dont quatre dans la zone de santé de Beni.
À l’échelle provinciale, 652 patients présentant des infections actives sont pris en charge dans les centres de traitement Ebola, tandis que 341 personnes ont été déclarées guéries. L’épidémie touche actuellement 18 des 34 zones de santé du Nord-Kivu, soit 53 % de l’ensemble, ainsi que 204 aires de santé sur 684.
Par ailleurs, 18.645 contacts sont répertoriés, avec un taux de suivi de 80 %, soit environ 15.000 personnes effectivement suivies. Les services sanitaires ont également notifié 29 cas suspects, dont 13 personnes décédées avant la confirmation de leur statut.
Face à la progression de l’épidémie à Beni, les autorités sanitaires appellent les populations à signaler rapidement tout symptôme suspect, notamment la fièvre et les saignements, à accepter le suivi des contacts et à respecter les protocoles d’enterrement digne et sécurisé.
La riposte sanitaire insiste particulièrement sur la nécessité d’éviter les décès communautaires non sécurisés, considérés comme un facteur majeur de propagation du virus dans les communautés.