Dans la province de l'Ituri, les éléments du mouvement d'autodéfense ont déposé environ 85 armes de guerre au gouvernement congolais. La remise a eu lieu mercredi 15 janvier 2025 à Mabanga dans la Chefferie des Mambisa, en territoire de Djugu.
Les membres présents lors de la cérémonie officielle étaient à plus de 600 combattants qui ont accepté de rejoindre officiellement le programme de démobilisation, désarmement, démonstration, réinsertion communautaire et stabilisation P-DDRCS.
Séance tenante, les armes légères et des munitions récupérées avec d'autres effets militaires ont été remis au responsable de P-DDRCS pour non seulement réorienter ces éléments dans la réserve armée mais aussi réinsérés les autres dans la communauté.
« Nos partenaires des Nations-Unies, de l’Union Européenne et du STAR-EST ont disponibilité des fonds, qui vont servir à la prise en charge dans la réinsertion des ex-combattants au sein de la communauté. Après, il y aura une autre étape où une autre équipe du P-DDRCS national viendra de Kinshasa pour délivrer la carte de démobilisation, qui fera d'eux des démobilisés », explique Flory Kotoko, le coordonnateur intérimaire du P-DDRCS en Ituri. Avant d'ajouter que « tous vont rentrer dans la vie civile dans un premier temps. Mais, ceux qui veulent servir la nation, pourront rejoindre la RAD, Réserve armée pour la défense ».
La cérémonie de ce jour paraît comme une bonne volonté de ces groupes d'autodéfense, qui attendent s'inscrire dans cette dynamique de paix, moyennant toutefois plusieurs conditions, notamment :
« La reprise par les FARDC des entités sous occupation des (autres) groupes armés, la protection des déplacés de guerre dans les sites, l’implantation de positions militaires entre communautés en conflit,… ou encore la mise en place de programmes de relèvement communautaire pour la prise en charge des démobilisés afin de limiter la délinquance dans la communauté », a indiqué, Jean-Marie Ngadjole porte-parole du mouvement d'autodéfense des communautés victimes.

Le processus actuel a été initié en 2021, par les autorités Congolaises, et bénéficie de l'appui de la communauté internationale, à travers la MONUSCO, l'Union Européenne, la banque mondiale et d'autres partenaires. Il repose sur deux approches, militaires et non militaires.
Six groupes armés ont signé des actes d'engagement de cessation des hostilités dans les territoires d'Irumu et Djugu : CODECO, MAPI, autodéfense, FRPI, FPIC et Chini ya tuna.
Du 28 mai au 2 juin 2023, s’est tenu à Aru un dialogue réunissant les groupes armés. Celui-ci avait abouti à la signature d'un protocole d'accord regroupant seulement quatre (04) groupes armés, la Codeco, MAPI, FRPI et FPIC. Mais l'absence des groupes d’autodéfense n'avait pas permis une bonne évolution du processus, à cause du manque d'inclusivité.
Signalons que, cette cérémonie intervient seulement quelques jours après la sortie du rapport du groupe d’Experts des Nations-Unies, qui épinglait certains leaders de ce groupe armé.
Joël Heri Budjo