Une organisation locale de défense de l’environnement a dénoncé la dégradation « préoccupante » de la rivière Kimbi, dans l’est de la République démocratique du Congo, qu’elle attribue à des activités d’exploitation aurifère menées notamment par des sociétés étrangères.
Dans un entretien accordé à CongoRassure.cd, Bienvenue Eloco W’apute, coordonnateur pays de l’ONG Elosan Vision, a affirmé que cette rivière, située à cheval entre les provinces du Sud-Kivu, du Maniema et du Tanganyika, subit une pollution croissante liée à une exploitation « souvent illégale ou non réglementée » de l’or.
« La rivière Kimbi n’est pas une simple ressource naturelle. Elle est un écosystème vivant, lié à l’identité, à la culture et à la survie des communautés locales », a-t-il déclaré, évoquant une menace directe sur les moyens de subsistance des populations riveraines, notamment dans les territoires de Fizi, Kabambare et Kalemie.
Selon l’activiste, cette situation perdure depuis près d’une décennie, malgré les alertes répétées des communautés locales et des organisations de la société civile. Il appelle les autorités congolaises à agir « sans complaisance » pour évaluer l’impact environnemental réel de ces activités extractives.
« Nous exigeons du gouvernement, à travers les ministères de l’Environnement et des Mines, la réalisation d’une étude indépendante et rigoureuse », a-t-il insisté, plaidant également pour l’application effective des dispositions du code minier, notamment la rétrocession de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises aux communautés locales.
D’après une analyse de Institut français des relations internationales, l’exploitation illégale de l’or en RDC met en lumière les faiblesses structurelles de l’administration minière, ainsi que l’application insuffisante des lois en vigueur. Le rapport pointe également des complicités locales, y compris au sein de certaines unités de sécurité, favorisant la poursuite de ces activités.
Ces exploitations sont souvent associées à une militarisation des sites miniers, source de tensions et de violences contre les civils, dans une région déjà fragilisée par l’insécurité persistante.
Malgré les engagements pris par la RDC pour améliorer la gouvernance du secteur minier, notamment à travers des mécanismes de certification sociale et environnementale, les efforts restent limités face à ce que plusieurs observateurs qualifient de « partenariats prédateurs » entre intérêts étrangers et certaines élites locales.
Malgré des interdictions officielles visant certaines zones, les activités d’exploitation se poursuivent sur le terrain, suscitant l’inquiétude des organisations environnementales.
Créée pour promouvoir la justice sociale et environnementale, l’ONG Elosan Vision affirme poursuivre son plaidoyer en faveur d’une gestion durable des ressources naturelles et d’une meilleure protection des droits des communautés affectées.
Daudi Amin