Après une semaine de paralysie, les agences de voyages assurant la liaison entre Butembo et Goma ont annoncé la suspension de leur mouvement de grève à partir de ce mercredi 1er avril, marquant ainsi une reprise progressive du trafic sur cet axe stratégique.
Ce mouvement, initié par les transporteurs, visait à alerter sur la détérioration des conditions de circulation, tant sur le plan sécuritaire qu’infrastructurel. Au cœur des revendications : l’insécurité persistante et l’état critique des routes, notamment dans le Parc National des Virunga, une zone régulièrement exposée aux attaques armées.
Pendant plusieurs jours, les chauffeurs ont dénoncé une situation devenue intenable, évoquant des axes fortement dégradés, des embuscades récurrentes et un manque de garanties sécuritaires pour les passagers. Cette grève avait entraîné des perturbations importantes, affectant les échanges économiques et les déplacements des populations.
La reprise des rotations ne signifie toutefois pas la résolution des problèmes soulevés. Plusieurs transporteurs reconnaissent qu’il s’agit davantage d’un compromis que d’un véritable retour à la normale. Les risques sécuritaires demeurent, tout comme les contraintes liées à l’état des infrastructures routières.
Cet épisode met une nouvelle fois en lumière la fragilité de la connectivité dans l’Est de la République Démocratique du Congo, où les routes ne sont pas seulement des voies de circulation, mais des enjeux stratégiques liés à la sécurité, à l’économie et à la stabilité des territoires.
La levée de la grève apparaît ainsi comme une décision pragmatique, dictée par la nécessité de relancer les activités, mais elle laisse intactes les préoccupations profondes des acteurs du transport.
Diddy Mastaki