En mission officielle dans la province du Kasaï-Oriental du 18 au 20 février 2026, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, a livré un diagnostic sans complaisance du fonctionnement de l’appareil judiciaire local. Cette itinérance nationale, placée sous le signe de la justice de proximité, vise à améliorer l’accès des citoyens au service public de la justice, dans le strict respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire consacrée par la Constitution.
Accueilli à son arrivée par le vice-gouverneur Augustin Kayemba Mulemena, puis accompagné tout au long de son séjour par le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo, le ministre a conduit une mission articulée autour de deux volets complémentaires, notamment, judiciaire et éducatif.
Selon une dépêche de la cellule de communication du ministère, cette mission avait pour objectifs d’évaluer l’accessibilité de la justice, de mesurer l’efficacité des juridictions locales et d’identifier les insuffisances structurelles, logistiques et humaines qui entravent leur bon fonctionnement.
Sur le terrain, le constat s’est révélé préoccupant, notamment dans le territoire de Kabeya-Kamwanga, où le Tribunal de paix est totalement à l’arrêt, faute de magistrats et d’infrastructures adaptées. Seul le parquet y demeure opérationnel, avec deux magistrats contraints d’exercer dans les locaux de l’administrateur du territoire. Une situation symptomatique des carences structurelles qui minent la crédibilité et l’efficacité de l’action judiciaire.
À Mbuji-Mayi, la visite des différentes juridictions Tribunaux de paix, Tribunal pour enfants, Tribunal de grande instance, Cour d’appel et parquets rattachés a mis en lumière des difficultés similaires, compromettant l’accès équitable et rapide à la justice pour les justiciables.
Au terme de la mission, le ministre a fixé plusieurs orientations majeures. Il a recommandé la mise en place d’un mécanisme de suivi des urgences locales, afin d’assurer une remontée rapide et efficace des besoins structurels vers le gouvernement central. Il a également insisté sur l’amélioration de la gestion carcérale, le respect des droits des détenus et la modernisation des infrastructures pénitentiaires.
Tout en réaffirmant son engagement pour une justice accessible, transparente et conforme aux principes de l’État de droit, il a rappelé l’impératif de préserver l’indépendance des magistrats, excluant toute forme d’ingérence dans le fonctionnement des juridictions.
Sur le volet éducatif, le ministre s’est rendu à l’Université Officielle de Mbuji-Mayi, où il a échangé avec les étudiants de la faculté de droit. Il y a présenté les grandes lignes de la réforme judiciaire en cours, appelant les futurs professionnels du droit à faire de l’éthique, de la responsabilité et du civisme les piliers de leur engagement. L’initiative, saluée par la communauté universitaire, a été sanctionnée par la remise d’un diplôme de mérite.
La même source précise enfin que cette mission s’impose ainsi comme une étape clé de la stratégie nationale de justice de proximité, alliant rigueur institutionnelle, respect des principes constitutionnels et volonté affirmée de rapprocher durablement la justice des citoyens.
Gloire Malumba