La situation sécuritaire dans l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC) continue de susciter des réactions au sein du gouvernement Congolais. Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a dénoncé l'attitude des pays de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) face à la crise, qu'il qualifie « d'illustration parfaite de l'hypocrisie ».
« Si vous voulez savoir la définition du mot hypocrisie au vrai sens, c’est l’attitude des pays de l’EAC face à la crise dans l’Est de la RDC », a déclaré Patrick Muyaya.
Dans ses interventions, le porte-parole du gouvernement a également réaffirmé que le dialogue avec le Mouvement du 23 Mars (M23) n'a jamais été exclu, mais que le cadre défini pour toute discussion reste celui de Naïrobi.
Une stratégie déjà vue
S'exprimant en Lingala, l'une des quatre langues nationales de la RDC, Patrick Muyaya a dressé un parallèle entre la situation actuelle et les événements du passé. Il accuse le Rwanda d'utiliser des groupes armés comme levier pour déstabiliser la région, rappelant l'époque du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), un mouvement rebelle soutenu par Kigali durant la guerre de 1998-2003.
« Nous avons déjà vu ce scénario : le Rwanda manipule des pantins pour atteindre ses objectifs en RDC », a-t-il souligné.
Le gouvernement Congolais maintient donc sa position : pas de dialogue en dehors du processus de Naïrobi, et une condamnation ferme du soutien présumé du Rwanda au M23. Cette déclaration intervient alors que les combats se poursuivent dans l'Est du pays, où des milliers de civils sont affectés par les affrontements surtout après la chute de la ville de Goma, une entité plutôt stratégique dans la géopolitique de la région.
Rédaction