Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a exprimé son profond mécontentement face au récent communiqué de Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union Africaine.
Ce communiqué abordait la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Nord-Kivu, causée par les offensives de la coalition M23-AFC-RDF.
Dans son message, Moussa Faki Mahamat a exhorté à une résolution des conflits via des moyens diplomatiques, exprimant son soutien au processus de Luanda. Selon lui, cela représente la seule voie pour résoudre durablement les tensions entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu’entre le gouvernement congolais et son opposition politico-militaire.
Cependant, ces déclarations ont provoqué de vives réactions à Kinshasa. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, a critiqué le président de la Commission de l’Union Africaine pour avoir semé la confusion en désignant le M23, qu’il accuse d’être soutenu par Kigali, comme une "opposition politico-militaire".
« C'est regrettable que le président de la Commission de l'Union Africaine réagisse si tard, surtout quand l'Union Africaine est censée parrainer la médiation menée par le Président Angolais Joao Lourenço. Lorsque vous sortez du silence, c’est pour semer la confusion. À quel moment ce mouvement terroriste s'est-il présenté comme une opposition politico-militaire ? » a déclaré Muyaya lors d’un briefing de presse samedi.
Le sentiment de mécontentement est également exacerbé par le fait que l’Union Africaine a réagi après l'Union européenne et d'autres institutions internationales, malgré son rôle central dans la médiation régionale.
Selon Patrick Muyaya, le gouvernement congolais envisage sérieusement de transmettre son mécontentement à l’Union Africaine via le ministère des Affaires Étrangères. D'après lui, la déclaration de Moussa Faki Mahamat manque de pertinence et ne prend pas adéquatement en compte la nature et les motivations du M23.
La Rédaction