Dans un échange sans détour avec sa majorité, le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a fait le point sur la situation sécuritaire du pays face à l’offensive du M23 dans l’Est de la RDC. Il a réaffirmé sa position ferme face à la rébellion et annoncé une série de mesures pour renforcer la riposte nationale.
Le Chef de l’État a reconnu que l’armée Congolaise avait perdu deux batailles stratégiques, notamment à Goma et Bukavu, mais il a insisté sur le fait que « la guerre n’est pas perdue ». Selon lui, ces revers sont en partie liés à des actes de trahison au sein des forces armées, ce qui justifie une refonte totale de l’armée qu’il a annoncée.
Pas de dialogue avec le M23
Tshisekedi a exclu toute négociation avec la rébellion du M23, qu’il qualifie de « pantins du Rwanda ». Pour lui, dialoguer avec ce mouvement reviendrait à « chercher à l'humilier ». Il estime que le véritable problème réside dans le pillage des ressources naturelles du Congo par des puissances étrangères soutenant Kigali.
Face à l’agression, le Président Congolais appelle à un rassemblement national. Il a évoqué la possibilité de former un gouvernement d’union, et son conseiller spécial a été chargé de rencontrer les acteurs politiques pour explorer cette voie. Il s’est toutefois montré déçu par l’Union Sacrée, sa plateforme politique, qu’il accuse de ne pas se mobiliser efficacement contre l’agression.
En revanche, il a félicité certains cadres, dont Jean-Pierre Bemba, Fabrice Puela Lihau, Guy Loando et Christophe Mboso, qui ont agi sans attendre des instructions.
Une nouvelle direction pour l’Union Sacrée dès la semaine prochaine
Face aux lacunes constatées, Félix Tshisekedi a annoncé une restructuration imminente de l’Union Sacrée. Il souhaite s’entourer de personnes capables de respecter leurs engagements et de mobiliser efficacement.
« Je veux le dialogue avec les gens qui, lorsqu’on va prendre des engagements, respectent leurs engagements », a-t-il insisté, soulignant ainsi son impatience face aux divisions internes.
Selon le Président, le Rwanda n’agit pas seul dans cette crise. Il affirme que des puissances étrangères se cachent derrière l’agression de la RDC, motivées par l’exploitation illégale des ressources naturelles Congolaises.
Alors que la situation reste tendue sur le terrain, la position de Félix Tshisekedi marque une volonté de refonder la stratégie militaire et politique du pays pour faire face à cette guerre qui s’éternise dans l’Est. Reste à voir comment cette nouvelle approche sera mise en œuvre dans les prochains jours.
Diddy MASTAKI