Le gouvernement Congolais a officiellement demandé le 11 juillet des explications aux autorités Ougandaises après que ces dernières ont ouvert leurs frontières au mouvement rebelle Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), dirigé par Corneille Nangaa. Une décision interprétée à Kinshasa comme une reconnaissance de facto de ce groupe armé actif dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié ce samedi, les autorités congolaises se disent préoccupées par cette posture de Kampala, qu’elles jugent « ambiguë » et susceptible de compromettre les efforts de paix en cours dans la région des Grands-Lacs.
« En laissant passer librement les membres du mouvement AFC/M23, les autorités Ougandaises cautionnent indirectement l’existence et les activités de cette coalition rebelle. Le gouvernement Congolais attend donc des clarifications officielles de la part de son partenaire ougandais », indique une source gouvernementale congolaise ayant requis l’anonymat.
Le mouvement AFC/M23, constitué de l’ex-chef de la CENI Corneille Nangaa et des éléments militaires du M23, est considéré par Kinshasa comme une rébellion soutenue par des puissances étrangères et impliquée dans de graves violations des droits humains en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
L’ouverture présumée de la frontière Ougandaise à ce groupe soulève ainsi de nombreuses inquiétudes sur la coopération régionale en matière de sécurité et sur la sincérité des engagements pris dans le cadre des processus de paix régionaux tels que ceux de Luanda et de Nairobi.
Alors que les tensions régionales restent vives, Kinshasa appelle Kampala à réaffirmer son engagement pour une paix durable et à dissiper tout malentendu pouvant nuire à la stabilité dans la région.
Le gouvernement Congolais dit par ailleurs rester attentif à toute évolution de la situation et se réserve le droit de prendre les mesures diplomatiques appropriées en fonction des réponses attendues de la part de l’Ouganda.
Diddy MASTAKI