Le People’s Front for Freedom (PFF) a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de santé jugé critique de son leader, le Dr Kizza Besigye, actuellement détenu à la prison de haute sécurité de Luzira, à Kampala.
Dans un communiqué rendu public, le mouvement conteste fermement la version officielle avancée par le porte-parole de l’administration pénitentiaire, Frank Baine, selon laquelle l’opposant aurait simplement été conduit à l’hôpital pour un « contrôle de routine ». Selon le PFF, cette présentation minimise volontairement une situation médicale grave. « La vérité est que notre leader est sérieusement malade », affirme le parti, dénonçant une tentative du régime de masquer les effets physiques de sa détention prolongée.
Le mouvement s’indigne également du fait que, malgré son état de faiblesse, le juge Baguma continue d’exiger la comparution de Kizza Besigye devant la justice. Une attitude qualifiée de « cruelle et calculée », qui ferait de son état de santé et de son droit fondamental à des soins appropriés.
Le PFF évoque par ailleurs de douloureux souvenirs du passé, rappelant la mort du frère de Kizza Besigye, dans des circonstances restées controversées. Le parti affirme refuser que son leader subisse, selon ses termes, « le même schéma de négligence et de souffrance imposé par l’État ».
Figure majeure de l’opposition Ougandaise, Kizza Besigye paie depuis des décennies, selon ses partisans, le prix de son engagement pour la démocratie. « Sa vie et sa santé ne sont pas négociables », insiste le PFF, qui appelle la population et la communauté internationale à rester vigilantes.
Le parti exige la libération immédiate et sans condition de Kizza Besigye afin qu’il puisse bénéficier de soins médicaux spécialisés et indépendants.
Pour rappel, le 16 novembre 2024, Kizza Besigye, ancien candidat à la présidentielle et figure du Forum pour le changement démocratique (FDC), avait été enlevé à Naïrobi, au Kenya. Il est réapparu le 20 novembre à Kampala, où il a été présenté devant un tribunal militaire. Il a été inculpé, aux côtés de Haji Obeid Lutale, de charges liées à la sécurité et à la détention illégale d’armes et de munitions. Depuis, il est maintenu en détention provisoire à la prison de Luzira, pendant que les enquêtes se poursuivent.
Cette situation relance les inquiétudes sur le respect des droits humains, l’indépendance de la justice et le traitement réservé aux opposants politiques en Ouganda.
Rédaction