Le ministre d’État chargé de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a entamé mardi 07 avril 2026 une mission officielle à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Au cœur de ce déplacement : la réforme du Fonds de Réparation des Victimes des Activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) et le renforcement de la gouvernance judiciaire locale.
Selon la cellule de communication du ministère, cette mission s’articule autour de trois axes principaux : la relance structurée du FRIVAO, le suivi des questions judiciaires et pénitentiaires, ainsi que la lutte contre la spoliation des biens publics et privés.
En outre, cette initiative s’inscrit dans le prolongement d’une décision récente du ministre de suspendre les indemnisations individuelles du FRIVAO. Une mesure destinée à assainir le fichier des victimes, dans un contexte marqué par des soupçons d’irrégularités, et à restaurer la crédibilité du mécanisme.
Dans cette perspective, des instructions ont été données au procureur général afin d’ouvrir des enquêtes judiciaires indépendantes. Celles-ci devront établir les responsabilités dans les cas présumés de détournement de fonds liés au processus d’indemnisation.
Arrivé à Kisangani en milieu de matinée, le ministre a été accueilli à l’aéroport international de Bangoka par les autorités provinciales, des représentants du pouvoir judiciaire ainsi que des responsables du FRIVAO. Il s’est ensuite rendu au gouvernorat, où il a tenu une réunion de travail avec le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga.
Les échanges ont notamment porté sur l’état du système judiciaire dans la province, avec un accent particulier sur les litiges liés à la spoliation et les difficultés de fonctionnement du FRIVAO. Considéré comme un levier essentiel pour répondre aux attentes des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République Démocratique du Congo, le fonds d’indemnisation occupe une place centrale dans cette mission.
Le ministre prévoit, à ce titre, de consulter directement les bénéficiaires, les organisations de la société civile et les acteurs judiciaires afin de poser les bases d’un redressement du dispositif.
Au-delà des réunions institutionnelles, la démarche se veut également ancrée dans une logique de justice de proximité. Elle comprend des rencontres avec les justiciables, des échanges avec les praticiens du droit, ainsi qu’une visite des infrastructures pénitentiaires, notamment la prison centrale de Kisangani.
La question de la spoliation des biens, récurrente dans la province, figure également parmi les priorités des discussions engagées avec les autorités locales. Ce phénomène, aux conséquences économiques et sociales importantes, alimente une insécurité juridique persistante.
Entre exigence de transparence, volonté de lutter contre les abus et ambition de rapprocher la justice des citoyens, cette mission pourrait marquer une étape significative dans la restauration de la confiance envers les institutions judiciaires en province.
Gloire Malumba