À l’occasion de la commémoration de Kwibuka 32, les États-Unis d'Amérique ont rappelé leur engagement contre toute forme de négationnisme, tout en adoptant une formulation qui élargit le champ mémoriel au-delà des seules victimes Tutsies.
Dans une déclaration officielle, un responsable du Département d’État américain a affirmé : « À l’occasion de Kwibuka, nous nous souvenons de près d’un million de victimes tutsies, mais aussi des Hutus, Twas et autres personnes tuées en raison de leur opposition à un régime génocidaire. Les États-Unis se tiennent aux côtés du Rwanda dans un esprit d’unité et de réconciliation. Nous rejetons fermement tout déni ou minimisation de ce génocide ».
Au-delà de la reconnaissance centrale des victimes Tutsies lors du génocide des Tutsi au Rwanda, cette déclaration mentionne explicitement des Hutu et des Twa tués pour leur opposition au régime génocidaire.
Une mémoire inclusive, sans relativisation
Cette reconnaissance, bien que secondaire dans la hiérarchie des victimes, marque une volonté de souligner la complexité des violences de 1994. Certaines personnes issues de groupes non ciblés en tant que tels ont été persécutées en raison de leurs positions politiques ou de leurs actes de résistance.
Les États-Unis d'Amérique insistent néanmoins sur le caractère spécifique du génocide visant les Tutsi, rejetant toute tentative de minimisation ou de réécriture de l’histoire.
Un message politique et diplomatique
En affirmant se tenir aux côtés du Rwanda « dans un esprit d’unité et de réconciliation », Washington adopte une posture à la fois mémorielle et diplomatique, dans un contexte régional où les enjeux historiques restent particulièrement sensibles.
Cette prise de position illustre une évolution du discours international : reconnaître la pluralité des victimes tout en maintenant la qualification juridique du génocide des Tutsi au Rwanda.
Diddy Mastaki