La déclaration du ministre des Finances, Doudou Fwamba, devant les élus nationaux, a agi comme un révélateur sans appel : les travaux de voirie de Kinshasa sont entièrement financés par le gouvernement central. Une affirmation claire, officielle, et surtout lourde de conséquences politiques.
Car à partir de cet instant, une question ne peut plus être esquivée : que devient l’argent collecté par l’exécutif provincial dirigé par Daniel Bumba Lubaki ?
Depuis son avènement, les Kinois assistent à une intensification sans précédent de la pression fiscale locale. Les taxes se multiplient, s’étendent, s’imposent dans presque tous les aspects de la vie quotidienne : taxes dans les morgues, jusque dans la douleur des familles endeuillées ; taxes sur les cérémonies de mariage, même dans les moments de joie ; contrôle automobile devenu obligatoire, avec des frais récurrents ; prélèvements divers sur les activités commerciales, les marchés, les transports,…
La ville encaisse, massivement, quotidiennement, systématiquement ; mais sous la gestion de Daniel Bumba Lubaki, une interrogation s’installe : encaisser, oui transformer, où et comment ?
Et pourtant…
Sur le terrain, la réalité est brutale. L’insalubrité gagne du terrain. Les caniveaux sont curés sans stratégie durable, laissant les déchets revenir à la première pluie. Certains ouvrages restent inachevés, d’autres abandonnés. Les quartiers populaires suffoquent sous les immondices, tandis que les grandes artères, elles, dépendent désormais du financement du pouvoir central.
Le contraste est saisissant, presque dérangeant : le gouvernement central construit, la ville perçoit… mais la ville, sous Daniel Bumba Lubaki, ne transforme pas.
Dans ce contexte, il devient impossible d’ignorer le précédent mandat de Gentiny Ngobila Mbaka. Sans idéalisation excessive, un constat s’impose néanmoins dans l’opinion : des infrastructures visibles, des chantiers concrets, une empreinte matérielle difficile à nier. Aujourd’hui, la comparaison se fait d’elle-même et elle est implacable pour l’actuelle gouvernance.
Alors la question revient, insistante, presque accusatrice : où vont toutes ces recettes sous Daniel Bumba Lubaki ?
Sont-elles réinvesties dans l’assainissement ?
Dans la modernisation des services urbains ?
Dans des projets structurants visibles par la population ?
Ou se dissolvent-elles dans une gestion opaque, loin des regards, loin des priorités réelles des Kinois sous la responsabilité directe de l’exécutif provincial ?
Kinshasa ne manque pas de ressources. Kinshasa ne manque pas de contribuables. Mais sous Daniel Bumba Lubaki, Kinshasa semble cruellement manquer de redevabilité.
Gouverner une ville de plus de vingt millions d’habitants ne se résume pas à collecter. Cela exige de rendre compte, de prouver, d’impacter. Chaque taxe perçue doit trouver sa traduction dans le quotidien des citoyens.
À défaut, ces prélèvements cessent d’être des instruments de développement pour devenir des symboles d’injustice et engagent directement la responsabilité politique du gouverneur Daniel Bumba Lubaki.
Aujourd’hui, la lumière est faite sur le financement des routes. Demain, elle devra être faite sur la destination des recettes provinciales.
Car une chose est désormais certaine :
ce n’est pas l’absence de moyens qui freine Kinshasa… c’est la gestion de ces moyens qui accuse désormais clairement ses limites.
David Aluta