Réunis dans la capitale Américaine, les représentants de l’Angola, de la République Démocratique du Congo et de la Zambie ont franchi une étape déterminante dans la concrétisation du Corridor de Lobito, désormais envisagé comme un pilier structurant de l’intégration économique en Afrique australe et centrale.
Selon Julien Paluku, ministre Congolais du commerce extérieur, cette rencontre, qui s’inscrit dans la continuité des travaux engagés en février à Luanda, marque un tournant stratégique. Les principaux partenaires financiers internationaux Banque mondiale, Banque Européenne d’Investissement (BEI), Banque Africaine de Développement (BAD), Africa Finance Corporation (AFC), Development Finance Corporation (DFC) et International Finance Corporation (IFC) ont convergé vers une même vision : dépasser l’approche initiale centrée sur le rail pour faire du Corridor de Lobito un programme intégré de développement.
Ce repositionnement traduit une évolution majeure. Le corridor est désormais conçu comme une plateforme multisectorielle, intégrant infrastructures de transport, logistique, énergie et chaînes de valeur industrielles, avec pour objectif d’accélérer la transformation économique de la région.
Du côté Congolais, la délégation conduite par la Première ministre Judith Suminwa a mis en avant une ambition claire : faire du corridor un vecteur d’intégration territoriale et de croissance inclusive. Kinshasa entend connecter ses principaux bassins économiques à cette infrastructure stratégique, afin d’en maximiser les retombées sur l’ensemble du territoire national.
Pour soutenir cette vision, la RDC a présenté une architecture structurée autour de quatre leviers : un financement hybride combinant capitaux publics et privés, une mise en œuvre progressive par phases, la création d’un cadre de gouvernance dédié, ainsi que l’amélioration du climat des affaires, notamment à travers des réformes alignées sur les standards internationaux.
Les discussions ont également mis en lumière l’importance de l’engagement politique au plus haut niveau. Les autorités Congolaises ont réaffirmé leur volonté de faire du Corridor de Lobito un instrument clé de diversification économique et de réduction de la dépendance aux circuits traditionnels d’exportation.
La prochaine échéance est attendue en juin 2026 à Kinshasa, où les partenaires devraient entrer dans une phase opérationnelle. Cette réunion sera consacrée à la validation des projets nationaux, préalable au lancement des appels d’offres internationaux.
Après plusieurs années de planification, le Corridor de Lobito semble ainsi entrer dans une phase décisive. Au-delà des annonces, l’enjeu réside désormais dans la capacité des États et de leurs partenaires à traduire cette ambition en réalisations concrètes, dans un contexte régional marqué par de fortes attentes en matière de développement et d’intégration économique.
Diddy Mastaki