À l’occasion de l’exercice de redevabilité de la première année du Gouvernement Suminwa II, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté les principales réformes engagées pour protéger la production nationale, faciliter les échanges et ouvrir de nouveaux marchés aux produits Congolais.
Parmi les mesures phares figure la protection de l’industrie locale. Près de dix-sept (17) produits fabriqués en RDC, notamment le ciment, les carreaux, les câbles électriques et le charbon destiné au secteur minier, bénéficient de mesures de sauvegarde conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces dispositions visent à lutter contre le dumping, préserver les emplois et réduire les importations lorsque la production nationale est suffisante.
Le ministre a également mis en avant la ratification de l’Accord de l’OMC sur la facilitation des échanges, dont les instruments ont été déposés à Genève. Cette réforme doit contribuer à moderniser les procédures commerciales, fluidifier les échanges et renforcer l’attractivité de la RDC.
Sur le plan intérieur, le Gouvernement entend désormais réserver le petit commerce aux Congolais, conformément au décret signé en mars 2026. L’échéance du 30 septembre 2026 a été fixée pour l’application stricte de cette mesure. Les opérations d’identification des opérateurs ont déjà été menées dans les 24 communes de Kinshasa.
Sur le plan international, Julien Paluku a cité la réadmission de la RDC à l’AGOA, ainsi que les accords commerciaux conclus ou négociés avec les Émirats arabes unis et le Royaume-Uni. Selon les chiffres présentés par le ministre, les exportations congolaises vers les États-Unis d’Amérique seraient passées de 280 millions de dollars en 2020 à 1,2 milliard de dollars en 2026.
Le Régime commercial simplifié (RECOS) constitue une autre avancée. Il permet aux petits commerçants transfrontaliers transportant des marchandises d’une valeur maximale de 500 dollars de bénéficier d’une exonération des droits de douane. Le dispositif est déjà opérationnel avec le Burundi et l’Ouganda et devrait être étendu à la Zambie.
Concernant la ZLECAf, la RDC poursuit la réduction progressive des droits de douane, à raison de 10 % par an, avec pour objectif la suppression des barrières tarifaires à l’horizon 2035. Le pays négocie également son intégration à un système Africain de paiement permettant de faciliter les transactions en monnaies nationales.
Le ministre a par ailleurs appelé les producteurs congolais à saisir les opportunités offertes par les marchés internationaux, notamment dans les filières cacao, soja et piment, grâce aux matinées pédagogiques organisées avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC).
Enfin, l’Office Congolais de Contrôle (OCC) poursuit sa modernisation avec de nouveaux laboratoires à Kalemie, Lubumbashi, Matadi et Kinshasa. Un système national de QR Code doit prochainement permettre aux consommateurs de vérifier l’authenticité et la conformité des produits contrôlés, notamment les médicaments.
Co-animateur du panel, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a annoncé, pour sa part, la préparation d’un Code de commerce destiné à regrouper et harmoniser les dispositions relatives au commerce intérieur et extérieur.
À travers ces différentes mesures, le Gouvernement Suminwa II entend faire du commerce un levier de protection de la production nationale, de création d’emplois, de compétitivité et d’intégration de la RDC aux marchés régionaux et internationaux.
Pacheco Kavundama