Le gouvernement Congolais a vivement réagi ce mercredi 21 octobre aux déclarations de Fils Mukoko, directeur général adjoint de la Régie d'assainissement de Kinshasa (RASKIN), dont les propos visant les ressortissants occidentaux présents dans la capitale ont suscité une vague d'indignation.
Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo montre le responsable de la RASKIN, également cadre de l'UDPS-Tshisekedi, évoquer la distribution d'armes dans plusieurs lieux publics, notamment les terrains de football, les églises et les universités. Il affirme aussi que les ressortissants des pays occidentaux établis à Kinshasa pourraient rencontrer d'importantes difficultés pour quitter la ville.
Dans la même séquence, Fils Mukoko annonce la préparation d'un sit-in devant l'ambassade de Belgique, qu'il présente comme une mobilisation de la jeunesse.
Sur son compte X, le ministre de la Communication et Médias et Porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a qualifié ces déclarations d'« horreur absolue ». Il précise qu'elles n'engagent ni le gouvernement ni aucune autre institution de la République.
Le Porte-parole assure que les autorités ne tolèreront aucun appel à la violence ni aucun discours stigmatisant les partenaires occidentaux du pays. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), l'Hôtel de ville de Kinshasa et d'autres services ont été saisis pour tirer les conséquences de ces propos.
Selon Patrick Muyaya, inciter la population à de tels actes revient à tomber dans le piège de l'ennemi et menace les efforts de paix dans les territoires Congolais sous occupation. Il rappelle les démarches du chef de l'État, du gouvernement et des partenaires internationaux, dont la Belgique, en faveur du retour de la paix.
Il a par ailleurs rassuré les missions diplomatiques et leur personnel : toutes les dispositions nécessaires sont prises pour garantir leur sécurité et l'inviolabilité de leurs sièges.
À l'issue d'une réunion extraordinaire de son Bureau, le CSAC a décidé de suspendre Fils Mukoko de toute intervention médiatique pendant 80 jours. Le régulateur lui demande en outre de se présenter dans les meilleurs délais devant ses services pour répondre aux préoccupations soulevées par ses propos.
Patrick Muyaya a prévenu que toute personne versant dans l'extrémisme s'exposerait à la rigueur de la loi. L'affaire survient alors que la RDC fait face à une guerre persistante dans l'est du pays, ce qui rend particulièrement sensibles les discours susceptibles d'attiser les tensions et de fragiliser les efforts diplomatiques en faveur de la paix.
Gloiredo Ngise