Jeffrey Merkley et Marsha Blackburn, deux Sénateurs Américains ont demandé à la National Basketball Association (NBA) de clarifier ses relations commerciales avec le gouvernement Rwandais de Paul Kagame.
Dans une lettre datée du 23 octobre 2026 et adressée au commissaire de la ligue, Adam Silver, ces Sénateurs dénoncent l’approfondissement de ce partenariat, alors que Kigali est accusé de soutenir militairement le groupe armé M23 dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).
Dans leur correspondance, les deux élus reviennent sur les préoccupations exprimées dans une première lettre en 2024 concernant les liens entre la NBA et le gouvernement rwandais. Ils estiment que la poursuite de cette collaboration risque de contribuer à une opération de sportswashing, consistant à utiliser le sport pour améliorer l’image internationale d’un État mis en cause pour des violations des droits humains.
« La NBA risque de devenir complice du lavage de sport par un gouvernement Rwandais qui abuse systématiquement des droits de l’homme. C’est contraire à l’esprit du sport Américain est de plus en plus alarmés par l’approfondissement des relations de la NBA avec le Rwanda malgré son invasion de la République Démocratique voisine du Congo (RDC), son soutien continu à un groupe rebelle qui a commis des crimes de guerre et les changements majeurs qui en résultent dans la politique américaine à l’égard du Rwanda », écrivent-ils.
Dans leur précédente démarche, Jeffrey Merkley et Marsha Blackburn avaient notamment demandé si la NBA avait sollicité l’avis du département d’État américain sur ses activités commerciales au Rwanda et si la ligue avait modifié ses politiques en fonction de l’évolution de la situation dans la région.
En septembre 2024, le commissaire adjoint de la NBA, Mark Tatum, avait répondu publiquement à ces préoccupations en déclarant : « Si les politiques américaines devaient changer en ce qui concerne les activités commerciales au Rwanda ou sur tout autre marché du BAL, nos actions changeraient bien sûr en conséquence ».
Pour justifier leur nouvelle interpellation, les deux sénateurs évoquent plusieurs développements sécuritaires et humanitaires dans l’est de la RDC. Ils accusent notamment le Rwanda d’avoir intensifié son offensive militaire dans cette partie du territoire Congolais, avec un déploiement pouvant atteindre 18 000 soldats.
Ils affirment également que Kigali semble désormais exercer un contrôle total sur le M23, un groupe armé auquel ils imputent des exécutions sommaires de civils, des viols de masse, le recrutement d’enfants soldats et des actes de torture. Ils dénoncent aussi la prise de contrôle de Goma, de Bukavu et de vastes territoires dans l’Est de la RDC.
Les élus Américains mettent par ailleurs en avant les conséquences humanitaires du conflit, évoquant plus de cinq millions de personnes déplacées et dix millions d’autres exposées au risque de mourir de faim dans les territoires contrôlés par le M23 soutenu par le Rwanda.
Ils rappellent également qu’une nouvelle offensive du Rwanda et du M23 aurait provoqué le déplacement de 200 000 civils supplémentaires, une semaine après la signature, en décembre 2025, des accords de Washington négociés sous l’égide des États-Unis d’Amérique.
Les deux sénateurs accusent enfin le Rwanda de recourir à des pratiques de répression transnationale pour cibler des opposants politiques dans la région et à l’étranger, y compris sur le territoire américain.
Jeffrey Merkley et Marsha Blackburn soulignent que les politiques des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union Européenne à l’égard du Rwanda ont considérablement évolué face à la situation sécuritaire et aux préoccupations liées aux droits humains.
Ils citent notamment les déclarations du secrétaire d’État Américain, Marco Rubio, qui avait affirmé en décembre 2025 que « les actions du Rwanda sont une violation flagrante des accords de Washington ». L’ambassadeur Américain auprès des Nations-Unies, Mike Waltz, avait également déclaré que « le Rwanda mène la région vers plus de guerre ».
Les deux élus évoquent plusieurs mesures prises par Washington, notamment des sanctions visant les Forces de défense Rwandaises et la principale raffinerie d’or du pays pour leur soutien présumé aux rebelles du M23. Ils mentionnent également des restrictions visant de hauts responsables rwandais, ainsi que l’annulation d’une conférence sur les investissements impliquant le Rwanda et d’un partenariat sanitaire entre les deux pays.
Sur le plan sportif, ils rappellent que les clubs de football Arsenal et le Bayern Munich ont mis fin à leurs parrainages avec le Rwanda en 2025, dans le contexte de l’offensive dans l’est de la RDC. L’Union Européenne et le Royaume-Uni ont, de leur côté, imposé des sanctions à des responsables et à des entreprises Rwandais.
Merveilles Kiro