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Prolongation des opérations FARDC-UPDF contre les ADF, pour le député JB Kasekwa : « Cette fois, il faut capitaliser sur les deux mois »

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Prolongation des opérations FARDC-UPDF contre les ADF, pour le député JB Kasekwa : « Cette fois, il faut capitaliser sur les deux mois »


A l’annonce de la prolongation des opérations conjointes entre l’armée congolaise et l’armée ougandaise pour traquer les combattants terroristes ADF, Jean-Baptiste Kasekwa, élu du Nord-Kivu, a appelé mercredi les deux forces à capitaliser sur le temps qui vient de leur être accordé.

Prolongation des opérations FARDC-UPDF contre les ADF, pour le député JB Kasekwa : "Cette fois, il faut capitaliser sur les deux mois"

La décision de poursuivre cette mise en commun des forces a été prise mercredi. Selon les informations reçues par CONGORASSURE.CD, l’option de prolonger les opérations militaires conjointes contre les combattants terroristes ADF a été prise à l’issue d’une réunion tenue à Fort Portal, en Ouganda. Cette rencontre qui était tant attendue a rassemblé les deux parties.

Par ailleurs, la prolongation de ces opérations se fera pour une période de deux mois, avant une nouvelle évaluation, ont précisé plusieurs sources militaires qui ont aussi rappelé que cette mutualisation des forces avait été décidée par les présidents Félix Tshisekedi et son homologue Kaguta Museveni. Par conséquent, sa fin ne pourra être que sifflée par les deux Chefs d’Etats.

Réagissant à cette annonce, Jean-Baptiste Kasekwa, député national élu de la ville de Goma, fief du Nord-Kivu, s’est montré favorable à cette décision, estimant que les deux forces armées sont une nouvelle fois appelées à capitaliser les deux mois qui viennent de leur être ajoutés.

L’élu du Nord-Kivu a également appelé les autorités de Kinshasa à profiter de ces moments pour revoir certains points concernant les forces armées de la République Démocratique du Congo, notamment en ce qui concerne les “effectifs militaires ainsi que la logistique de l’armée sur le terrain”.

En effet, revenant sur la première partie des opérations qui s’est achevée il y a à peine quelques heures, Jean-Baptiste Kasekwa a rappelé que les militaires continuent de manquer de la logistique nécessaire sur les lignes de front. Le député déplore également le fait que lors de la phase précédente, une « ceinture de couverture » n’a pas été organisée pour empêcher les tueurs d’étendre leur champ d’action vers Mambasa et d’autres régions de l’Ituri ainsi que celles du Nord-Kivu.

« C’est vrai qu’un travail a été fait […] mais il faut capitaliser ce moment en renforçant les FARDC et en punissant tous ceux qui sont en complicité interne avec l’ennemi », a déclaré ce député, soulignant qu’il est également crucial de penser à la relève des soldats qui ont longtemps duré dans la zone des opérations.

Par ailleurs, face à une certaine réticence des uns suite au nombre de morts qui ne cesse de grimper sur le terrain et la désapprobation des autres au vu de l’attitude ambiguë des Ougandais dans le dossier M23, le député Kasekwa qui dit comprendre ces positions, a déclaré qu’il était inopportun de rompre précipitamment la collaboration dans ces opérations. « Cela aurait été à l’avantage de l’ennemi ADF », a-t-il expliqué, insistant toutefois sur le fait que les militaires congolais doivent rester vigilants et sur leurs gardes. « Nous devrions également en profiter pour renforcer notre armée », a insisté l’élu du Nord-Kivu.

Il faut noter que la prolongation de ces opérations militaires entre les FARDC et l’UPDF est décidée alors que la tension est palpable depuis plusieurs jours entre le Rwanda et la République démocratique du Congo au sujet de la résurgence du Mouvement du 23 mars dans la partie Sud du Nord-Kivu.

Dans cette réapparition du groupe que les autorités congolaises ont taxé il y a peu de « terroriste », Kinshasa voit la main de Kigali qui s’est récemment réconcilié avec Kampala. Et ce dernier semble, au regard des récentes déclarations du commandant des forces terrestres de l’UPDF, s’être rangé du côté des autorités rwandaise dans la guerre contre le M23.

Dans le même temps, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander aux autorités de Kinshasa de revoir leur collaboration avec Kampala, surtout après la déclaration ambiguë de l’ambassadeur ougandais  au Conseil de sécurité, qui n’a pas du tout mentionné les attaques récurrentes du M23, et encore moins condamné celles-ci ainsi que le soutien du Rwanda.

Par ailleurs, sur le terrain à Beni et Irumu, les réactions à la prolongation de cette mutualisation sont toutes aussi mitigées, d’autant plus qu’au moins 50 personnes ont été récemment tuées par les rebelles ADF, dont beaucoup non loin des camps où sont basés des soldats ougandais, notamment dans le secteur de Rwenzori. Le cas le plus flagrant est le massacre d’au moins une douzaine de personnes qui a eu lieu récemment dans la commune rurale de Bulongo.

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