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CULTURE/RDC-BENI : Etat de lieu de la culture à l’ère des massacres

Les jeunes du groupe Street League Music de Beni dans une activité culturelle. Photo : Kizo
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Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, Beni est l’une des villes aux multiples atouts culturels. De part sa position stratégique, cette agglomération constitue un centre administratif et un carrefour commercial tourné vers les pays de l’Est de l’Afrique. Sa diversité ethnique fait de cette ville un cadre idéal pour l’éclosion de la culture.

Ville cosmopolite, Beni est un patrimoine culturel exceptionnel

La ville de Beni est riche en diversité culturelle. Toutes les ethnies qui cohabitent, partagent volontiers leurs modes de vie et des pratiques spécifiques comme les danses, les musiques et divers arts. Cette riche hétérogénéité culturelle a fini par constituer un patrimoine culturel unique.  Ce patrimoine qu’on ne rencontre que dans cette ville a, au fil du temps, inspiré un bon nombre d’acteurs culturels. Durant plusieurs années, chaque weekend généralement, le public avait toute une série des choix entre les théâtres, récitals des poèmes, expositions d’œuvres d’arts, projections de cinéma … Beni a aussi développé son industrie musicale locale et a produit plusieurs danseurs professionnels. Tout ceci a valu à Beni le nom de la ville « chaleureuse » du coin, une ville qui ne « dort jamais » et où on sent déjà de l’ambiance à l’entrée de la ville. Mais six ans après les massacres, quel est l’état de lieu de la culture en ville de Beni ?

Situation actuelle de la culture en ville de Beni

L’instabilité dans la région de Beni affecte sérieusement le secteur socio-culturel avec comme conséquence le ralentissement et même la quasi-disparition des certains métiers.
Rares sont les quelques artistes zélés qui poursuivent leurs jobs pour survivre.  Certaines infrastructures culturelles existantes ont malheureusement été vendues ou pire, abandonnées. Ceci est à la base de la frustration des jeunes artistes qui ont longtemps consenti des efforts afin de s’organiser en associations culturelles, en vue de vivre de leurs métiers entant que professionnels.

Pour Sadiki Alamba, un artiste plasticien de Beni, ils sont incapables de travailler comme il se doit. « Nous sommes incapable de travailler et d’exprimer nos talents. La crise sécuritaire qui perdure dans notre région, constitue un véritable frein« , explique t-il. « La situation volatile donne aussi une brèche aux autorités de censurer certaines  de nos œuvres artistiques  ce qui est une atteinte à notre liberté d’expression » , poursuit-il.  « Au delà de tout, nous avons foi en nos services. Malgré les restrictions liées au contexte sécuritaire, tôt ou tard, tout reviendra dans l’ordre » conclut l’artiste Sadiki.

Lueur d’espoir pour la promotion de la culture benicienne

Il s’observe la résurgence des activités culturelles. depuis un moment. Certaines initiatives locales poursuivent également leurs calendriers habituels. Les concours de beauté , les expositions d’œuvres d’arts, les soirées acoustiques, des excursions culturelles…se tiennent normalement. Une façon de tenir tête contre les fauteurs des troubles et une réaction face à ceux qui pensent changer le mode de vie de la ville en exterminant ses habitants.  La culture, pilier de développement, reste donc une action supplémentaire pour véhiculer différents messages de paix au sein de la communauté et un petit plus aux efforts diplomatiques et militaires déjà réalisés jusqu’ici dans la pacification de Beni.

Joel BIBUYA

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