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RDC-Déploiement de la force régionale : Indifférents, certains habitants de Beni affirment que seuls les Congolais peuvent mieux défendre leur patrie

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RDC-Déploiement de la force régionale : Indifférents, certains habitants de Beni affirment que seuls les Congolais peuvent mieux défendre leur patrie


La nouvelle de l’arrivée des premières troupes militaires de la force régionale de l’EAC en RDC a provoqué de multiples réactions à travers le pays.
RDC-Déploiement de la force régionale : Indifférents, certains habitants de Beni affirment que seuls les Congolais peuvent mieux défendre leur patrie
RDC-Déploiement de la force régionale : Indifférents, certains habitants de Beni affirment que seuls les Congolais peuvent mieux défendre leur patrie

La formation et le déploiement de la force régionale en RDC sont le résultat d’une décision prise le 20 juin par les présidents des États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) pour faire face à la résurgence de la violence due aux groupes armés actifs dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu ainsi que de l’Ituri et du Haut-Uélé.

Au total, sept États membres de l’EAC pourront envoyer leurs troupes dans l’est de la RDC dans le cadre de cette opération militaire. Après le Burundi, les troupes kenyanes sont arrivées le 12 novembre à Goma dans un contexte sécuritaire tendu suite à la reprise d’intenses combats entre les terroristes du M23 et l’armée congolaise près de Goma. Le Soudan du Sud pourrait également envoyer ses soldats dans un avenir proche, ont annoncé les autorités soudanaises à la fin du mois d’août.

A Beni, les réactions au déploiement de cette force régionale sont nombreuses. Dans cette région en proie à la violence des groupes armés et où se succèdent les opérations militaires conjointes de l’armée nationale, de la force onusienne et des forces étrangères, la population affiche une indifférence totale à la venue de la force militaire de l’EAC. Pour certains habitants de Beni, c’est la force étrangère de trop dans la région.

« D’abord ces milliers d’éléments FARDC plus les éléments MONUSCO, et maintenant toutes ces troupes étrangères qui vont être déployées dans le cadre de la force régionale EAC. La zone risque d’être surmilitariser avec la possibilité de dommages collatéraux », a déclaré Junior Rehema, coordonnateur d’une organisation de jeunesse travaillant à Beni.

« Il est possible que notre région soit pacifiée grâce à nos propres efforts, aujourd’hui les jeunes sont assez déterminés pour rejoindre l’armée nationale pour défendre le pays. Il reste maintenant à l’Etat congolais d’investir suffisamment dans l’armée et même dans les services de renseignements afin de rendre les actions militaires beaucoup plus efficaces. Les forces étrangères peuvent être une option, oui, mais elles ne serviront jamais le pays aussi bien que les fils du pays », a-t-il déclaré.

Dans la même veine, d’autres se disent complètement désorientés par l’arrivée de cette force régionale, étant donné que la plupart des Etats qui la constitueront avaient déjà leurs troupes sur le territoire congolais avant même la mise en place de la force régionale. C’est le cas de l’Ouganda, du Rwanda et même du Kenya, comme le mentionne Frank V., un jeune activiste de la région.

« L’armée ougandaise participe depuis novembre 2021 aux opérations militaires de Shujaa dans les territoires de Beni au Nord-Kivu et d’Irumu en Ituri. L’armée rwandaise serait de mèche avec le M23 dans les violences en cours à Nyiragongo et Rutsuru. La présence de troupes burundaises est régulièrement signalée dans la province du Sud-Kivu depuis longtemps et l’armée kenyane a déjà des hommes dans la MONUSCO. Comment évaluer l’efficacité de la force régionale alors que les troupes qui la composent mènent déjà des activités militaires le plus souvent illégales sur le sol congolais ? », a-t-il demandé.

Il convient de noter que les affrontements entre les terroristes du M23 et l’armée congolaise se poursuivent dans le territoire de Nyiragongo. Alors que les autorités congolaises s’attendaient à des actions offensives de la part des troupes de l’EAC, le commandant de cette force régionale, le général major Jeff Nyagah, a déclaré à son arrivée à Goma que la voie diplomatique restait l’option prioritaire pour mettre fin en premier lieu à la rébellion du M23.

Nicole Lufungi, Beni

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